La saison estivale est à peine lancée que la ruée vers la location des maisons de vacances bat déjà son plein en Tunisie. Sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, les groupes spécialisés et les publications sponsorisées se multiplient à un rythme effréné, annonçant l’ouverture officielle du « bal » des locations estivales.
À Hammamet, Mahdia, Kélibia ou encore El Haouaria dans le gouvernorat de Nabeul, les annonces se comptent par centaines, avec des tarifs qui donnent parfois le vertige. Pour une simple nuitée, certains propriétaires n’hésitent plus à afficher des prix atteignant, voire dépassant, les 400 dinars pour un S2 ou S3, pour les villas avec piscine les prix dépassent les mille dinars la nuitée.
Quid des prix ?
Une rapide estimation du marché montre une flambée généralisée des prix. À Hammamet, les appartements standards se louent entre 180 et 300 dinars la nuit, tandis que les villas peuvent grimper entre 500 et 1 500 dinars selon l’emplacement et les prestations. À Kélibia, très prisée pour ses plages, les prix oscillent entre 150 et 350 dinars pour les logements moyens. À Mahdia, la moyenne varie entre 120 et 250 dinars, mais certaines maisons en front de mer dépassent les 400 dinars. Quant à El Haouaria, devenue une destination montante, les tarifs se situent généralement entre 100 et 300 dinars.
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Cette frénésie estivale confirme l’ampleur économique de ce secteur informel ou semi-structuré, qui draine chaque année des sommes considérables, souvent en dehors de tout circuit fiscal clair. Entre acomptes, réservations anticipées et locations de courte durée, des millions de dinars circulent durant les trois mois d’été.
Pourtant, malgré cette dynamique financière impressionnante, aucune intervention notable de l’État ne semble encadrer le secteur. Ni plafonnement des prix, ni mécanismes renforcés de contrôle fiscal, ni véritable régulation pour protéger les consommateurs face aux abus ou aux arnaques.
Un marché devenu inaccessible !
Dans ce contexte, de nombreux Tunisiens se retrouvent pris au piège d’un marché devenu inaccessible pour une large frange de la classe moyenne. Entre inflation générale, baisse du pouvoir d’achat et explosion des tarifs touristiques locaux, partir quelques jours au bord de la mer relève de plus en plus du luxe.
Au final, dans cette course estivale où l’offre et la demande dictent leurs lois sans garde-fous, le Tunisien semble être le premier à en payer le prix.