Les incendies qui ont ravagé plusieurs régions tunisiennes durant l’été 2026 ne se mesurent pas uniquement en hectares de forêts et de terres agricoles détruits. Une opération humanitaire internationale vient de mettre en évidence l’ampleur de leurs conséquences sociales, avec un dispositif destiné à venir en aide à 15 000 personnes considérées comme particulièrement vulnérables.
La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a lancé, en coordination avec le Croissant-Rouge tunisien, une opération d’urgence de six mois consacrée aux conséquences des incendies de juillet. Le document officiel de l’IFRC, publié le 12 août 2026, indique une allocation de 499 911 francs suisses (1 803 182,18 dinars tunisiens) dans le cadre du Fonds d’urgence pour les réponses aux catastrophes (DREF).
Il convient toutefois de préciser un point important : les 15 000 personnes annoncées ne correspondent pas au nombre total de sinistrés recensés en Tunisie et ne signifient pas non plus que 15 000 personnes ont été déplacées. Il s’agit de la population ciblée par l’opération humanitaire.
Selon l’évaluation citée par l’IFRC, 41 479 personnes ont été affectées par la crise, dont 27 117 directement par les incendies et 14 362 en raison notamment des perturbations de l’approvisionnement en eau et en électricité. L’IFRC indique également que les incendies ont touché environ 12 000 hectares.
Quels ménages seront aidés ?
L’opération ne prévoit pas une distribution indistincte à toutes les personnes exposées aux incendies. Le ciblage doit privilégier les ménages ayant subi des pertes importantes et disposant de faibles capacités pour faire face aux conséquences de la catastrophe.
Sont notamment considérés comme prioritaires les ménages dont les logements ou les moyens de subsistance ont été affectés, les populations rurales dépendantes de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que les personnes âgées, les personnes handicapées ou souffrant de maladies chroniques.
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Les femmes enceintes ou allaitantes, les ménages dirigés par des femmes, les familles avec de jeunes enfants et les ménages à faibles revenus figurent également parmi les catégories prioritaires identifiées dans le dispositif de réponse.
Aide alimentaire, financière et accès à l’eau
Concrètement, l’opération prévoit une aide alimentaire destinée à 1 500 ménages ainsi qu’une assistance financière ponctuelle pour 1 000 ménages, après évaluation des besoins et des marchés locaux.
Le dispositif comprend également des articles essentiels pour l’hébergement, notamment des matelas, couvertures et oreillers, ainsi que des équipements destinés aux personnes évacuées.
L’accès à l’eau constitue un autre volet important de la réponse, avec la mise à disposition de réservoirs et la distribution de milliers de lots d’eau potable. Des kits d’hygiène et de nettoyage sont également prévus.
L’opération comporte enfin un volet sanitaire et psychosocial, avec notamment un accompagnement psychologique destiné aux personnes affectées par les incendies.
Au-delà des hectares brûlés
Cette intervention internationale apporte un éclairage différent sur les incendies de l’été. Alors que les premiers bilans ont principalement porté sur les superficies détruites et les opérations de lutte contre les flammes, les données de l’IFRC mettent en avant leurs conséquences sur les revenus, les logements, l’accès à l’eau et à l’électricité et, plus largement, sur la capacité des familles rurales à retrouver une situation normale.
Cette dimension est particulièrement importante dans les zones agricoles et forestières du Nord-Ouest, où la destruction des cultures, des arbres fruitiers, du cheptel ou des ressources forestières peut représenter une perte économique durable pour les familles concernées. Des témoignages recueillis dans le gouvernorat du Kef montrent notamment que certains agriculteurs ont perdu du bétail, des ruches et des plantations dans les incendies.
L’opération du Croissant-Rouge tunisien et de l’IFRC marque ainsi un changement d’échelle dans l’évaluation de la catastrophe : derrière les milliers d’hectares brûlés se trouvent aussi des ménages dont les moyens de subsistance ont été fragilisés et qui nécessitent une assistance ciblée.