Le gouvernement affiche sa volonté d’accélérer la réforme des entreprises publiques. Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a réaffirmé que l’amélioration de la gouvernance de ces établissements constitue une priorité, estimant que la majorité d’entre eux représentent aujourd’hui une lourde charge pour les finances publiques.
Selon le ministre, la plupart des entreprises publiques ne génèrent pas de bénéfices suffisants pour assurer leur autonomie financière et dépendent régulièrement de l’État pour financer leurs engagements et garantir la continuité de leurs activités.
Des entreprises publiques sous pression financière
Les difficultés des entreprises publiques constituent l’un des principaux défis des finances publiques tunisiennes. Plusieurs établissements stratégiques, notamment dans les secteurs de l’énergie, du transport, de l’eau ou encore des phosphates, enregistrent depuis plusieurs années des déficits importants, nécessitant des interventions répétées de l’État sous forme de subventions, de garanties ou de recapitalisations.
Lire aussi : L’UGTT rejette toute privatisation de cette entreprise publique
Cette situation pèse directement sur le budget de l’État et limite les marges de manœuvre pour financer d’autres investissements publics.
Dans ce contexte, le gouvernement mise sur une amélioration de la gouvernance, de la performance et de la gestion des entreprises publiques afin de réduire progressivement leur dépendance aux financements publics.
La maîtrise de la dette reste une priorité
Le ministre a également insisté sur la nécessité de contenir l’endettement public. Il a affirmé que l’exécutif demeure déterminé à éviter toute hausse significative du niveau de la dette tout en préservant des indicateurs jugés soutenables afin d’assurer la continuité du financement public.
Intervenant la veille devant les députés de l’Assemblée des représentants du peuple, Samir Abdelhafidh avait indiqué que le taux d’endettement de la Tunisie se situe actuellement entre 81 % et 82 % du produit intérieur brut (PIB), estimant que ce niveau est resté relativement stable au cours des dernières années.
Les données publiées par le ministère des Finances confirment cette tendance. L’encours de la dette publique représentait 82,1 % du PIB à la fin de l’année 2025, contre 84,9 % en 2024 et 84,6 % en 2023, tandis que le déficit budgétaire a été ramené à 5,4 % du PIB en 2025, contre 6,7 % un an auparavant.
Des réformes au cœur de la stratégie économique
Les déclarations du ministre interviennent alors que le gouvernement multiplie les annonces en faveur de la restructuration du secteur public. Ces derniers jours, l’exécutif a notamment évoqué la possibilité de rapprocher certaines entreprises stratégiques, à l’image du Groupe chimique tunisien (GCT) et de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), dans le cadre d’une réforme visant à améliorer leur efficacité opérationnelle.
Lire aussi : Moody’s confirme la note de la Tunisie tout en pointant une dette et des finances publiques sous pression
La réforme de la gouvernance des entreprises publiques est considérée comme un levier essentiel pour assainir les finances de l’État, renforcer la compétitivité de ces établissements et réduire les risques pesant sur les équilibres budgétaires, dans un contexte où le budget de l’État prévu pour 2026 atteint 79,6 milliards de dinars.