La production solaire photovoltaïque poursuit son expansion en Tunisie, avec plus de 150.000 systèmes installés chez les particuliers et une puissance raccordée au réseau basse tension supérieure à 420 MW en 2025. Selon le directeur de l’énergie solaire à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), les réalisations dans le solaire ont progressé de plus de 60% en un an. Plus de 130 MW de la puissance raccordée concernent par ailleurs les secteurs de l’hôtellerie, de l’industrie et de l’agriculture.
L’autoproduction change d’échelle
Le chiffre de 150.000 systèmes photovoltaïques installés chez les particuliers donne une mesure de l’ampleur prise par l’autoproduction résidentielle. L’ANME recense également plus d’un million de mètres carrés de chauffe-eau solaires installés en Tunisie.
Mais l’indicateur le plus significatif pour mesurer le poids réel du photovoltaïque dans le système électrique reste la puissance raccordée. Celle-ci a dépassé 420 MW sur le réseau basse tension en 2025, selon l’ANME. Ce chiffre traduit le passage progressif du solaire d’une solution individuelle destinée à réduire la facture à une composante de plus en plus visible du système électrique.
La progression des réalisations photovoltaïques a dépassé 60% en 2025 par rapport à 2024, confirmant l’accélération du marché.
Plus de 130 MW dans l’économie productive
L’essor ne concerne pas uniquement les ménages. Plus de 130 MW de capacité photovoltaïque raccordée sont installés dans l’hôtellerie, l’industrie et l’agriculture. Ces secteurs ont un intérêt particulier pour l’autoproduction, puisque leurs consommations électriques peuvent être importantes et que le solaire permet de réduire directement leur recours à l’électricité conventionnelle.
L’exemple d’un hôtel à Djerba illustre concrètement cette logique. L’établissement produit grâce à son installation solaire entre 40% et 50% de ses besoins électriques et réalise une économie estimée à près de 300.000 dinars par an. Le projet, lancé à partir de 2018 puis progressivement renforcé, montre que le photovoltaïque peut être envisagé comme un investissement avec un retour économique mesurable, au-delà de son intérêt environnemental.
Le Fonds de transition énergétique accompagne les projets
L’essor de l’autoproduction repose aussi sur les mécanismes de soutien publics. L’ANME accompagne les entreprises souhaitant investir dans les énergies renouvelables à travers des études techniques, une assistance et les mécanismes financiers du Fonds de transition énergétique (FTE).
Le FTE intervient notamment dans les projets de production d’électricité renouvelable destinés à l’autoconsommation. L’ANME a également digitalisé les procédures d’accès aux aides afin de permettre le dépôt et le suivi des demandes en ligne. Le dispositif couvre notamment PROSOL ELEC et PROSOL ELEC Économique, ainsi que différents projets d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables.
Pour les entreprises, l’ANME indique que la procédure simplifiée du FTE s’adresse notamment aux secteurs industriel, commercial, agricole et tertiaire.
Un enjeu face au déficit énergétique
Cette accélération intervient dans un contexte particulièrement tendu. Selon le responsable de l’ANME cité par l’agence TAP, le déficit énergétique de la Tunisie dépasse 59% de la consommation nationale. L’agence considère dès lors le développement des renouvelables comme une nécessité pour réduire la dépendance aux énergies conventionnelles.
La Tunisie vise une part des énergies renouvelables de 35% à l’horizon 2030, puis 50% en 2035, selon les objectifs rappelés par l’ANME.
Avec plus de 420 MW déjà raccordés en basse tension et une progression annuelle supérieure à 60%, le photovoltaïque constitue ainsi l’un des segments les plus dynamiques de cette transition. Le principal enjeu sera désormais de transformer cette multiplication des installations en une contribution durable à la réduction du déficit énergétique, tout en renforçant les capacités du réseau à intégrer cette production décentralisée.
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