L’Observatoire National de l’Energie et des Mines fait état d’une progression de la production nationale d’électricité, qui atteint 3016 GWh à fin février 2026, contre 2798 GWh un an auparavant, soit une hausse de 8%. Cette évolution intervient dans un contexte de demande énergétique soutenue et de transformation progressive du mix énergétique. Malgré cette amélioration, le recours aux importations reste significatif pour couvrir les besoins du marché local.
Une production dominée par la STEG et encore peu renouvelable
La Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz continue de concentrer l’essentiel de la production nationale, avec 93% du total. La production destinée au marché local n’a progressé que de 2%, révélant une croissance modérée de l’offre interne.
Les énergies renouvelables, quant à elles, représentent encore une part limitée, avec 6,4% de la production globale. Toutefois, leur déploiement se poursuit, notamment à travers l’installation de capacités photovoltaïques : 444 MW en toitures dans le secteur résidentiel et 113 MW en moyenne et haute tension pour les secteurs industriel, tertiaire et agricole.
Importations et consommation : des signaux contrastés
Malgré l’augmentation de la production, les importations d’électricité — principalement en provenance de l’Algérie — couvrent encore 9% des besoins du marché local, soulignant une dépendance persistante.
Du côté de la consommation, les ventes d’électricité ont globalement augmenté de 3% entre février 2025 et février 2026. Cependant, cette tendance masque des disparités avec une baisse de 11% pour les clients haute tension et une hausse de 2% pour les clients moyenne tension.
Les ventes en basse tension, dominées par le secteur résidentiel (environ 75%), restent difficiles à évaluer précisément en raison des spécificités de la facturation.
Industrie en repli, poids dominant dans la demande
Les industriels demeurent les principaux consommateurs d’électricité, représentant 62% de la demande des segments haute et moyenne tension. Néanmoins, plusieurs branches affichent un recul notable : industrie métallurgique de base (-5%) ; industries extractives (-4%) ; papier et édition (-2%) ; pompage d’eau et services sanitaires (-2%).
Dans l’ensemble, ces indicateurs traduisent une dynamique énergétique en amélioration, mais encore marquée par des déséquilibres structurels, notamment en matière de dépendance extérieure et de transition vers les énergies renouvelables en Tunisie.