Le gouvernement a adopté mardi un programme d’urgence de 58 millions de dinars portant sur 81 projets pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable durant l’été 2026. Les mesures ont été entérinées lors d’un conseil ministériel restreint présidé par la cheffe du gouvernement Sara Zaafrani Zenzri. Les réserves des barrages atteignent actuellement près de 1,4 milliard de mètres cubes, soit un taux de remplissage supérieur à 60 %.
81 projets avant la saison estivale
Pour faire face aux pics de consommation, les autorités ont lancé un programme dont 35 chantiers sont déjà en cours. Il prévoit le forage et le raccordement de 38 puits profonds, la maintenance ou la rénovation de 26 stations de pompage, ainsi que des interventions sur 22 réseaux de distribution.
Des équipes centrales seront déployées en coordination avec les structures régionales afin d’assurer un suivi continu de la situation hydrique et de prévenir les perturbations de l’approvisionnement durant les mois les plus chauds.
En parallèle, le conseil ministériel a appelé la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) à renforcer le suivi du réseau, à déployer des systèmes intelligents de détection des fuites et à accélérer le renouvellement des infrastructures dégradées. Les autorités souhaitent également poursuivre le déploiement progressif des compteurs intelligents afin d’améliorer la gestion du réseau.
Zones rurales et stratégie à long terme
Le gouvernement accélère également la réforme de l’approvisionnement en eau potable dans les zones rurales. Un programme de 147 millions de dinars porte sur 187 systèmes hydrauliques destinés à bénéficier à près de 248.000 habitants. Il prévoit notamment l’amélioration de 74 systèmes existants, la remise en exploitation de 38 autres ainsi que la mise à disposition de 20 camions-citernes pour les zones montagneuses et difficiles d’accès.
Le conseil ministériel a par ailleurs recommandé d’accélérer les projets de transfert d’eau entre les barrages, de renforcer la mobilisation des ressources souterraines et de surface et de développer davantage les ressources en eau non conventionnelles.
Les autorités ont affiché leur volonté de sécuriser l’approvisionnement durant l’été, sans donner de garantie d’absence totale de coupures. L’amélioration des réserves constitue un signal positif après plusieurs années de sécheresse, mais les défis ne se limitent pas au niveau des barrages : l’état des infrastructures, les pertes sur les réseaux et les pics de consommation estivale continuent de peser sur la distribution.
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