Depuis le début du mois de juin 2026, les services du contrôle économique ont relevé 4611 infractions à travers le pays. Le chiffre est impressionnant, mais il n’a rien d’exceptionnel. En juin 2025 déjà, plus de 6000 infractions avaient été constatées lors de campagnes similaires. À plus long terme, les bilans annuels témoignent également de l’ampleur du phénomène : environ 86.000 infractions en 2023, près de 95.000 en 2024 et 96.374 en 2025.
Pourtant, malgré cette mobilisation continue des brigades de contrôle, les consommateurs continuent de faire face à une hausse du coût de la vie et des prix alimentaires. Dès lors, une question se pose : les campagnes de contrôle permettent-elles réellement de contenir la hausse des prix ou ne traitent-elles qu’une partie du problème ?
Des contrôles renforcés, mais un phénomène qui persiste
Selon le ministère du Commerce, les 4611 infractions relevées depuis le début du mois de juin concernent principalement les produits agricoles et de la pêche (2068 infractions), les produits alimentaires (1533 infractions) ainsi que les dépassements de prix et les pratiques spéculatives (1335 infractions).
Ces chiffres montrent que les autorités maintiennent une pression constante sur les circuits de distribution. Toutefois, leur récurrence d’une année à l’autre révèle également que les pratiques ciblées demeurent largement présentes sur le marché.
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Des vidéos virales qui marquent l’opinion
Ces dernières semaines, plusieurs vidéos d’interventions de brigades du commerce ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Contrôles de vendeurs de fruits et légumes, vérification de factures ou saisies de marchandises : ces opérations sont souvent saluées par les internautes qui y voient une réponse aux abus dénoncés depuis des années.
La banane est devenue l’un des symboles de ces interventions. Régulièrement au cœur des débats sur les prix, elle fait l’objet d’opérations visant les circuits parallèles ou les marchandises commercialisées sans justificatifs d’origine.
Si ces vidéos renforcent la visibilité de l’action de l’État, elles ne suffisent pas à expliquer l’évolution générale des prix.
Pourquoi les prix continuent-ils d’augmenter ?
La hausse des prix alimentaires ne s’explique pas uniquement par la spéculation. Les coûts de production, du transport, du stockage ou encore les effets des aléas climatiques jouent également un rôle important.
À cela s’ajoute la multiplication des intermédiaires entre le producteur et le consommateur final. Chaque étape de la chaîne de distribution contribue à augmenter le prix payé par le consommateur.
Les campagnes de contrôle restent donc nécessaires pour lutter contre les abus. Mais les chiffres des trois dernières années montrent qu’elles ne suffisent pas, à elles seules, à résoudre le problème de fond. La maîtrise durable des prix passe également par une meilleure organisation des circuits de distribution et une amélioration de la productivité agricole, deux défis qui restent au cœur du débat sur le pouvoir d’achat des Tunisiens.
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