Plus de 101 kg de cocaïne ont été saisis par la Douane tunisienne entre janvier et septembre 2026, contre 94 kg durant toute l’année 2025. Un dossier publié par la TAP ce 1er novembre replace cette hausse dans un contexte de diversification des routes, entre frontière libyenne et arrivages depuis les ports européens.
Le bilan des neuf premiers mois de 2026 dépasse déjà celui de l’année précédente. Selon les chiffres douaniers annoncés en octobre et repris par la TAP, les quantités de cocaïne interceptées sont également supérieures à trois fois le total de 2024, qui s’établissait à 33 kg.
Ces données concernent uniquement les saisies de la Douane. Elles ne constituent pas un bilan national regroupant les interceptions de tous les services de sécurité et ne permettent pas, à elles seules, de mesurer l’évolution de la consommation.
Des acheminements par la frontière libyenne
Le ministère de l’Intérieur dispose d’une autre série de chiffres. Mohamed Ali Chaïbi, responsable de la lutte contre les stupéfiants à la police judiciaire d’El Gorjani, a évoqué, dans des déclarations à la télévision nationale reprises par la TAP, un passage d’environ 150 grammes saisis en 2013 à plus de 140 kg en 2023.
Le responsable attribue une partie de cette progression aux acheminements depuis la Libye. En février 2026, près de 30 kg de cocaïne ont notamment été interceptés à Ras Jedir, dans une voiture venant du territoire libyen, rappelle l’agence.
La TAP s’appuie également sur un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), publié en janvier 2026, pour décrire les circuits régionaux. Celui-ci présente la Libye comme un point de transit émergent pour la cocaïne, alimenté par des routes maritimes depuis l’Amérique du Sud et des corridors terrestres traversant le Sahel.
Des arrivages aussi depuis Marseille et Gênes
La frontière libyenne n’est pas le seul point d’entrée décrit. Selon le dossier de la TAP, qui cite le rapport de l’ONUDC, des flux partent également de ports européens, notamment Marseille et Gênes, vers La Goulette et Radès.
La cocaïne est dissimulée dans des véhicules particuliers ou des camions transportés à bord de ferries. Une partie approvisionne le marché tunisien, tandis qu’une autre est redistribuée vers des pays voisins.
L’agence rapporte que ces acheminements profitent de failles dans les contrôles des cargaisons quittant l’Europe vers le sud de la Méditerranée. Aucune ventilation chiffrée ne permet toutefois d’établir la part respective des arrivages européens et libyens.
Des saisies qui ne mesurent pas tout le trafic
La progression des quantités interceptées constitue un indicateur de l’activité douanière, mais son interprétation exige de distinguer l’évolution des flux de celle des contrôles.
Les chiffres disponibles ne permettent pas de déterminer le volume de cocaïne effectivement écoulé en Tunisie. Face à des réseaux opérant sur plusieurs territoires, Mohamed Ali Chaïbi souligne l’importance des enquêtes conjointes et de l’échange d’informations avec les pays partenaires.
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