Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi 31 octobre à Tel Aviv pour demander à l’opposition israélienne de s’entendre avec les partis arabes afin de remplacer Benjamin Netanyahu. Les législatives du 27 octobre ont laissé les deux principaux blocs sans majorité, donnant aux élus arabes un rôle décisif dans la formation d’un gouvernement.
Selon Al Jazeera, qui rapporte notamment des témoignages recueillis par l’AFP, les manifestants appellent Gadi Eisenkot, principal rival du Premier ministre, à accepter une coopération qu’il avait auparavant exclue. Des partisans de Netanyahu ont organisé une contre-manifestation, dénonçant la perspective d’un gouvernement associé à ceux qu’ils qualifient de « terroristes ».
Les partis arabes en position décisive
Le scrutin a donné 53 sièges au bloc de Netanyahu et 48 aux formations d’opposition conduites par Eisenkot. Avec 19 députés, les listes arabes détiennent les voix qui permettraient à l’opposition de dépasser la majorité absolue de 61 sièges à la Knesset, le Parlement israélien qui en compte 120. Le décompte achevé confirme cette répartition.
Une entente réunirait ainsi théoriquement 67 élus. Mais cette majorité arithmétique se heurte aux refus de plusieurs responsables de l’opposition de dépendre des formations représentant les citoyens arabes d’Israël.
La progression électorale de ces dernières renforce la pression sur Eisenkot. Selon les chiffres de la Commission électorale centrale cités par Al Jazeera, près de 840 000 électeurs ont voté pour Raam et la Liste unifiée, soit une hausse de 64 % par rapport aux élections de 2022.
Ces suffrages correspondent à deux listes électorales : Raam, dirigée par Mansour Abbas, et la Liste unifiée, qui rassemble plusieurs partis.
Participer au gouvernement ou le soutenir de l’extérieur
Les modalités d’une éventuelle coopération restent elles-mêmes à négocier. Mansour Abbas s’est déclaré disposé à participer à un gouvernement, comme Raam l’avait déjà fait au sein de la coalition au pouvoir en 2021-2022.
Youssef Jabareen, dirigeant de la Liste unifiée, envisage plutôt un soutien parlementaire sans participation ministérielle, notamment en raison de la guerre à Gaza. Eisenkot a, pour sa part, réaffirmé samedi ses exigences concernant la reconnaissance d’Israël comme État juif, démocratique et libéral, et celle du Hamas comme organisation terroriste.
La mobilisation intervient aussi dans un climat de contestation du vote arabe par Netanyahu. Selon Al Jazeera, le Premier ministre a accusé les formations palestiniennes d’Israël d’avoir « volé » les élections et bénéficié de financements qataris. Doha a rejeté ces accusations, dénonçant une campagne de désinformation.
Les manifestants demandent à l’opposition de transformer les résultats électoraux en accord politique. Pour y parvenir, Eisenkot devra obtenir l’adhésion de ses propres alliés et définir les conditions d’un soutien des élus arabes.
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