Plusieurs Maltais illustres ont laissé leur trace dans notre petite histoire. Comment ne pas penser aux Saliba qui ont longtemps été les libraires et éditeurs de référence. Se trouvant sur l’avenue de France, non loin de Bab Bhar, la Librairie Saliba était le repère de tous les lecteurs. Il existait de plus une deuxième librairie Saliba, plus petite, qui se trouvait à la rue Charles de Gaulle et brassait elle aussi de nombreux lecteurs.
Le Maltais le plus célèbre de Tunis était sans doute Henri Bondin, fondateur des cafés qui portent son nom. Installé à la rue d’Espagne, Bondin est allé à la conquête des amateurs de moka et a fort bien réussi dans son entreprise. Dans les années soixante, il cédera sa marque aux Ben Yedder.Cinquante ans après, personne n’a oublié Bondin et cette marque reste toujours très présente dans le monde du café.
Connaissez-vous René Cauchi ? C’est un célèbre tailleur tunisois qui n’a pris sa retraite que depuis quelques années. De sa boutique à la rue Saint-Jean, Cauchi rayonnait sur la mode à Tunis. Il habillait Bourguiba et les notables s’empressaient autour de lui pour bénéficier de sa touche limpide et des tissus qu’il importait spécialement. Avec ses textiles Dormeuil, Tergal et Old England, René Cauchi a compté parmi les adresses incontournables et laissé un sillage d’élégance.
Puisque nous parlons élégance, évoquons aussi les bijoux ! Qui à Tunis ne connaît pas le fameux André Cordina ? Ce bijoutier des plus réputés est, lui aussi, issu de la communauté maltaise. Sa boutique au Colisée était connue de tous et constituait un repère inébranlable pour les jeunes mariés. Elle porte aujourd’hui le nom de la famille Adario qui a repris l’affaire il y a quelques années. Il n’en reste pas moins que le nom Cordina rime toujours avec bijouterie et que son évocation fait renaître bien des souvenirs.
Ange Xuereb est lui aussi de ces Maltais inoubliables qui ont écrit de belles pages de l’histoire de Tunis. Son restaurant a pour nom « Tantonville » et se trouve à proximité du cinéma Rio. Cette brasserie a compté parmi les lieux les plus populaires et l’ami Ange avait toujours un mot pour chacun. Supporteur du Stade Tunisien, amateur de bonne chère, Ange Xuereb laisse le meilleur souvenir.
Comme lui, la famille Diacono avait un penchant pour la joie et tenait le fameux « Paris Bar », qui se trouvait à l’angle des avenues de Paris et Bourguiba. Ce lieu avait la réputation d’être le rendez-vous des turfistes et ne désemplissait jamais. Dernier de cette lignée, Henri Diacono a coulé une retraite heureuse à Kélibia et racontait avec émotion les riches heures du Paris-Bar et des turfistes.
Le cheval, c’est une passion maltaise et les amateurs se souviennent des familles Micaleff et Azzopardi qui possédaient de magnifiques chevaux et alignaient même des jockeys réputés. A l’autre bout de la chaîne, les bouchers maltais étaient également fort appréciés. Au Marché central, ils étaient nombreux et experts à l’image des Mangani. De même, la famille Montebello à Hammam-Lif possédait des boucheries de qualité. La viande chevaline a longtemps été l’apanage des bouchers maltais.
Comment ne pas évoquer la famille Licari qui travaillait dans le domaine des vins et spiritueux ? Les vins Licari étaient sur toutes les tables et le public se pressait à la rue Charles de Gaulle dans un point de vente resté fameux. Non loin de là, Paul Mangani tenait lui aussi une enseigne de marchand de vin à la rue d’Algérie. On y vendait le « Saint-Georges », très apprécié des buveurs et des fines bouches.
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