Alors que la campagne de récolte des céréales se poursuit à travers les principales régions productrices du pays, les indicateurs demeurent globalement encourageants pour la saison 2026. Les professionnels du secteur soulignent toutefois plusieurs difficultés ayant ralenti le rythme des opérations et pesé sur les rendements dans certaines zones.
Selon le président de l’Union des agriculteurs, Midani Dhaoui, le taux d’avancement de la récolte a atteint environ 20 % à ce stade de la saison. Les fortes pluies enregistrées ces dernières semaines dans plusieurs gouvernorats du Nord et du Nord-Ouest ont retardé les travaux dans certaines délégations de Siliana et du Kef.
Des rendements en baisse dans certaines zones irriguées
Le responsable syndical a également indiqué que plusieurs périmètres irrigués, notamment à Kairouan, Sidi Bouzid et dans les environs de Kasserine, ont enregistré une baisse de production pouvant atteindre 30 quintaux par rapport aux prévisions initiales.
Cette situation est attribuée à plusieurs facteurs, dont des pénuries d’engrais et des retards d’approvisionnement survenus durant des périodes cruciales du cycle agricole.
Par ailleurs, l’UTAP appelle les autorités à faire preuve de souplesse dans la classification des céréales lors de leur réception. Selon lui, les importantes précipitations pourraient avoir fragilisé certains grains, avec le risque qu’ils soient classés dans des catégories moins valorisées, ce qui réduirait les revenus des producteurs.
Plus de 2,2 millions de quintaux déjà collectés
Du côté des chiffres officiels, les indicateurs restent positifs. L’Office des céréales a annoncé que les quantités collectées à l’échelle nationale avaient atteint 2,234 millions de quintaux au 12 juin 2026.
Le gouvernorat de Kairouan arrive en tête avec 508 000 quintaux, soit 22,76 % du total national. Béja et Le Kef occupent respectivement les deuxième et troisième places avec 17,23 % et 15,85 % des volumes collectés. Suivent Siliana avec 11,44 % et Zaghouan avec 7,48 %.
Les opérations de récolte et de collecte se poursuivent dans l’ensemble des régions sous le slogan : « La récolte céréalière est un dépôt national et une responsabilité partagée, des épis aux silos ».
Des prix fixés par l’État
Concernant les prix, le ministère de l’Agriculture a fixé le prix de réception du blé dur à 140 dinars le quintal et celui du blé tendre à 110 dinars. L’orge et le triticale sont rémunérés à hauteur de 90 dinars le quintal, en tenant compte des primes de livraison rapide.
Les producteurs pourront bénéficier de cette prime jusqu’au 15 juillet 2026 pour l’orge et jusqu’au 31 août 2026 pour le blé.
L’Union des agriculteurs avait toutefois réclamé une hausse d’au moins 20 dinars par quintal des prix de référence, estimant que cette mesure permettrait de mieux couvrir l’augmentation des coûts de production.
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Malgré les difficultés signalées sur le terrain, les prévisions officielles demeurent très favorables. Les autorités estiment que la récolte céréalière 2026 dépassera les 22 millions de quintaux, avec près de 70 % de la production classée parmi les céréales de haute qualité.
Si ces prévisions se confirment, la campagne 2026 figurera parmi les meilleures enregistrées en Tunisie au cours des dernières années, après plusieurs saisons marquées par la sécheresse et le déficit pluviométrique.