Face à la vague de chaleur exceptionnelle qui frappe la Tunisie et aux coupures répétées d’électricité et d’eau, les syndicats du secteur public de la santé tirent la sonnette d’alarme. Dans un communiqué conjoint publié mercredi, ils appellent le ministère de la Santé à décréter des mesures d’urgence sanitaire à l’échelle nationale afin de préserver le fonctionnement des hôpitaux publics et de protéger les patients.
Cette prise de position intervient alors que plusieurs établissements hospitaliers ont déjà été confrontés à des perturbations liées aux interruptions de courant. Ces derniers jours, le Centre de maternité et de néonatologie de Tunis avait notamment assuré que les coupures d’électricité n’avaient pas affecté la prise en charge des nouveau-nés grâce aux groupes électrogènes et aux dispositifs de secours. Toutefois, les syndicats estiment que la répétition de ces incidents, conjuguée aux températures extrêmes, fait peser un risque croissant sur l’ensemble du système de santé.
Activation des cellules de crise
Les organisations syndicales demandent à la tutelle de mettre en œuvre des procédures d’urgence sanitaire au niveau national et d’activer des cellules de crise, aussi bien au niveau central que dans les hôpitaux publics.
Selon elles, la combinaison de la canicule et des coupures d’électricité et d’eau affecte directement les capacités des établissements hospitaliers et met sous pression les professionnels de santé.
Lire aussi : Canicule: L’Organisation des jeunes médecins avance un bilan humain alarmant
Les syndicats signataires sont :
- la Fédération générale de la santé ;
- le Syndicat général des médecins, pharmaciens et médecins hospitalo-universitaires ;
- le Syndicat général des médecins, pharmaciens et médecins-dentistes de la santé publique ;
- l’Organisation tunisienne des jeunes médecins.
Un plan national de continuité des soins
Les syndicats appellent ainsi les autorités à décréter un état d’urgence sanitaire et à activer des cellules de crise aussi bien au niveau central qu’au sein des hôpitaux publics. Ils plaident également pour l’élaboration d’un plan national de continuité des activités hospitalières et de gestion des crises, estimant que les établissements doivent disposer de procédures harmonisées pour faire face aux épisodes climatiques extrêmes.
Dans le même esprit, ils demandent l’adoption d’un protocole national unifié pour la prévention et la prise en charge des pathologies liées aux vagues de chaleur, ainsi que l’octroi de moyens financiers exceptionnels aux hôpitaux publics afin de leur permettre d’assurer leurs missions dans des conditions particulièrement difficiles.
Les signataires du communiqué réclament également un recensement national des groupes électrogènes installés dans les établissements de santé publics, accompagné d’un programme de maintenance préventive destiné à garantir leur bon fonctionnement en cas de nouvelles coupures de courant.
Publier le bilan des victimes de la canicule
Les organisations syndicales demandent en outre la publication de statistiques précises sur les victimes de la récente vague de chaleur, ainsi qu’une analyse scientifique de ces données.
Selon elles, cette démarche est indispensable pour élaborer une véritable politique de prévention et mieux préparer le pays aux épisodes climatiques extrêmes appelés à se multiplier sous l’effet du changement climatique.
Les syndicats mettent en garde contre un risque d’effondrement
Dans leur communiqué, les représentants des professionnels de santé réaffirment leur disponibilité à mobiliser tous les moyens nécessaires pour protéger les citoyens et assurer la continuité des soins.
Ils estiment toutefois que la responsabilité de définir et de mettre en œuvre les plans permettant de surmonter cette crise incombe au ministère de la Santé, qu’ils appellent à agir rapidement afin d’éviter une dégradation de la situation dans les hôpitaux publics.