L’intégration des systèmes de stockage dans les installations solaires photovoltaïques pourrait constituer une nouvelle réponse aux tensions que connaît le réseau électrique tunisien. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a annoncé pour la première fois l’autorisation, pour les clients résidentiels, d’installer des batteries de stockage associées à des onduleurs hybrides. Une décision saluée par l’expert international en énergie Ezzeddine Khalfallah, qui estime toutefois que plusieurs précisions restent nécessaires pour permettre une application efficace de cette mesure.
Stocker le surplus solaire pour mieux gérer la consommation
Selon Ezzeddine Khalfallah, cette décision représente une évolution importante dans la gestion de l’énergie produite par les particuliers. Jusqu’à présent, le surplus d’électricité généré par les installations photovoltaïques était principalement injecté dans le réseau, alors que les batteries permettent désormais de conserver cette énergie pour une utilisation ultérieure.
Le principe est de stocker l’électricité produite pendant les périodes de forte production solaire, notamment durant la journée, afin de pouvoir l’utiliser lorsque la demande augmente ou lorsque la production photovoltaïque diminue, notamment en soirée.
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Cette flexibilité permettrait aux consommateurs de mieux maîtriser leur consommation et pourrait également contribuer à réduire la pression exercée sur le réseau durant les périodes de pointe.
Un dispositif qui aurait pu limiter la pression durant la crise actuelle
Pour l’expert en énergie, l’adoption de cette solution avant la vague de chaleur actuelle aurait pu apporter un soutien supplémentaire au système électrique national.
Alors que la Tunisie a connu des pics historiques de consommation liés à l’utilisation massive des climatiseurs, le stockage domestique aurait pu permettre à certains consommateurs de réduire leur dépendance directe au réseau durant les heures critiques.
Les batteries pourraient ainsi devenir un outil complémentaire pour accompagner le développement des énergies renouvelables et limiter les tensions lors des périodes de forte demande.
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Des clarifications nécessaires avant la généralisation
Malgré l’importance de cette avancée, Ezzeddine Khalfallah a estimé, sur les ondes de Mosaique fm, que la décision de la STEG doit encore être accompagnée d’un cadre précis pour garantir son efficacité.
Plusieurs points doivent notamment être clarifiés, comme la capacité maximale de stockage autorisée, les conditions techniques d’installation, les modalités d’utilisation de l’électricité stockée en cas de coupure et les règles de raccordement avec le réseau.
L’expert souligne également la nécessité de définir la durée pendant laquelle un ménage pourrait être alimenté par ses batteries en fonction de la puissance disponible et de ses besoins énergétiques.
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Le coût des batteries, un enjeu majeur pour les ménages
Au-delà des aspects techniques, la question économique reste déterminante. Le développement du stockage nécessite la disponibilité des équipements sur le marché, notamment les batteries et les onduleurs hybrides capables de convertir le courant continu produit par les panneaux solaires en courant alternatif utilisable dans les habitations.
Ezzeddine Khalfallah appelle ainsi à étudier des mécanismes facilitant l’accès des ménages à ces équipements, notamment à travers des solutions de financement ou des facilités liées aux factures de la STEG sachant qu’en Tunisie, une batterie lithium d’environ 4,8 kWh est affichée autour de 6270 DT TTC. Une solution résidentielle complète coûtera davantage après l’ajout de l’onduleur hybride, des protections, du câblage et de la pose.
Il estime que l’implication du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) et du Fonds de transition énergétique sera essentielle pour assurer la réussite de cette nouvelle orientation.
Le stockage, un pilier de la transition énergétique
Pour l’expert, le succès de cette initiative dépendra de la capacité des différents acteurs à mettre en place un cadre clair, accessible et économiquement viable.
La généralisation progressive des batteries de stockage pourrait permettre à la Tunisie de mieux valoriser son potentiel solaire, de renforcer la stabilité du réseau électrique et de réduire la pression lors des périodes de forte consommation.
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