Alors que la Tunisie fait face à une consommation électrique record et à des coupures tournantes dans plusieurs régions, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a publié un nouveau « Référentiel technique des installations photovoltaïques raccordées au réseau électrique national basse tension ». Le document consacre désormais un chapitre détaillé aux systèmes de stockage d’énergie par batteries, ou BESS.
Le référentiel peut être consulté et téléchargé sur le site officiel de la STEG :
https://www.steg.com.tn/system/files/pdf/Referentiel_technique_des_installations_PV.pdf
Un cadre technique pour le stockage de l’énergie
Le nouveau document définit les prescriptions minimales relatives à la conception, à l’installation, à l’exploitation et à la maintenance des batteries raccordées aux installations photovoltaïques.
Il détaille notamment le rôle du système de gestion de la batterie — BMS —, des convertisseurs de puissance — PCS —, des onduleurs hybrides, des protections électriques et des essais nécessaires avant la mise en service.
L’acceptation des batteries par la STEG est notamment conditionnée par la présentation de certificats de conformité aux normes IEC 61427, IEC 62619 et IEC 62620, ainsi que d’un certificat CE et d’une documentation technique complète. Pour les systèmes dépassant 100 kWh, des essais fonctionnels préalables en usine sont également exigés.
Le référentiel insiste aussi sur la prévention des surchauffes, la ventilation des locaux, le contrôle des accès et les mesures destinées à limiter les risques électriques ou liés à un emballement thermique.
Quel impact sur les tensions actuelles du réseau ?
Cette publication intervient alors que la demande nationale a atteint près de 5 000 MW durant la vague de chaleur. Plusieurs publications évaluent la capacité disponible à environ 4 630 MW, ce qui représenterait un écart proche de 370 MW. Ce chiffre doit néanmoins être présenté comme une estimation rapportée, et non comme une donnée directement annoncée par le PDG de la STEG.
Les batteries peuvent stocker une partie de l’électricité solaire produite durant les heures ensoleillées et la restituer pendant les périodes de forte consommation. Elles peuvent ainsi augmenter l’autoconsommation et réduire ponctuellement les prélèvements sur le réseau.
Pour une habitation, le référentiel donne l’exemple d’une consommation quotidienne de 5 kWh : en tenant compte de la profondeur de décharge, des pertes de la batterie et de l’onduleur ainsi que d’une marge de sécurité, la capacité nominale nécessaire atteint environ 6,8 kWh.
Le prix demeure plus difficile à établir. Sur le marché tunisien, une batterie lithium d’environ 4,8 kWh est affichée autour de 6 270 DT TTC, batterie seule. Une solution résidentielle complète coûtera davantage après l’ajout de l’onduleur hybride, des protections, du câblage et de la pose.
Les batteries suffiront-elles à éviter les coupures ?
Non, à elles seules. Compenser une puissance manquante de 400 MW pendant deux heures nécessiterait au minimum 800 MWh de stockage, auxquels devraient s’ajouter les pertes techniques et les marges d’exploitation.
La multiplication de batteries chez les particuliers, les entreprises, les exploitations agricoles et les bâtiments publics pourrait toutefois réduire localement les appels de puissance et mieux valoriser l’électricité solaire.
Le nouveau référentiel ne règle donc pas la crise électrique actuelle. Il fournit en revanche le cadre technique attendu par les fabricants, les installateurs et les bureaux d’études pour développer en Tunisie des installations associant photovoltaïque et stockage.
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