Le bras de fer entre les syndicats et les organisations patronales du secteur financier s’intensifie. Faute d’accord sur les augmentations salariales et après plusieurs mois de négociations infructueuses, les employés des banques, établissements financiers et compagnies d’assurance observeront une grève générale de trois jours à partir du 23 juin.
La Fédération générale des banques, des établissements financiers et des compagnies d’assurance, relevant de l’UGTT, a confirmé ce lundi le maintien de la grève sectorielle prévue les 23, 24 et 25 juin 2026.
Cette décision intervient après l’échec des dernières tentatives visant à relancer les négociations avec le Conseil bancaire et financier ainsi qu’avec la Fédération tunisienne des sociétés d’assurance. Pour les syndicats, le dialogue social est désormais dans une impasse.
Plusieurs mois de tensions
Le conflit ne date pas d’aujourd’hui. Depuis plusieurs mois, les relations entre les partenaires sociaux du secteur bancaire et des assurances se détériorent autour de la question des augmentations salariales et du renouvellement des accords sociaux.
Une première alerte avait déjà été donnée en novembre 2025 avec une grève générale de deux jours largement suivie dans les banques et les institutions financières. Malgré plusieurs réunions et tentatives de rapprochement, aucun compromis n’a permis de mettre fin au différend.
Début juin, la fédération syndicale avait annoncé une nouvelle escalade en programmant une grève de trois jours, estimant que les négociations étaient au point mort.
Les augmentations salariales au cœur du conflit
Au centre du bras de fer figure l’application des augmentations salariales au titre de l’année 2025.
Les représentants syndicaux considèrent que l’interruption des négociations constitue une violation des engagements prévus par la convention collective sectorielle et par les mécanismes habituels du dialogue social.
La fédération juge également insuffisantes les propositions avancées par la partie patronale, qui porteraient sur des augmentations mensuelles comprises entre 70 et 100 dinars.
Pour les syndicats, ces montants ne reflètent ni l’évolution du coût de la vie ni les performances économiques enregistrées par les établissements financiers ces dernières années.
Les bénéfices du secteur alimentent les revendications
Les responsables syndicaux s’appuient notamment sur les résultats financiers du secteur pour défendre leurs revendications.
Selon les données évoquées lors des précédentes négociations, les banques tunisiennes ont enregistré en 2024 un résultat net global de 1,6 milliard de dinars, en hausse de près de 12% par rapport à l’année précédente.
Pour la fédération, ces performances démontrent la capacité du secteur à répondre aux revendications salariales des employés.
Un autre dossier continue également d’alimenter les tensions : celui des crédits accordés aux salariés des banques. Les syndicats dénoncent le refus de certaines mesures destinées à alléger les charges financières supportées par les employés du secteur.
Trois jours de perturbations en perspective
Sauf reprise de dernière minute des discussions, les banques, établissements financiers et compagnies d’assurance devraient connaître trois journées de fortes perturbations à partir de mardi.
Cette mobilisation pourrait marquer une nouvelle étape dans le conflit social qui oppose depuis plusieurs mois les syndicats aux organisations patronales. La fédération syndicale a d’ailleurs averti que d’autres mouvements de protestation pourraient suivre si aucune avancée concrète n’est enregistrée sur les revendications en suspens.
Les prochains jours s’annoncent donc décisifs pour un secteur stratégique de l’économie tunisienne, où le dialogue social semble aujourd’hui plus fragilisé que jamais.
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