La filière automobile tunisienne poursuit sa transformation. Réunis à Tunis, pouvoirs publics, industriels et partenaires internationaux ont signé sept conventions destinées à faciliter le recrutement de près de 1700 personnes. Au-delà de ces embauches, le secteur affiche désormais une ambition beaucoup plus large : porter ses effectifs à 150.000 emplois grâce au développement des véhicules électriques, intelligents et des technologies embarquées.
Sept conventions pour rapprocher formation et besoins des entreprises
Présidée mardi par le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, une journée dédiée à la formation, à l’insertion et au partenariat dans l’industrie automobile a débouché sur la signature de sept accords structurants.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du programme d’appui au secteur de l’éducation (PASE-OS3), mis en œuvre en coopération avec le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ).
Elle a réuni des représentants de l’administration, du secteur privé, des organisations professionnelles et des partenaires internationaux impliqués dans la filière automobile.
Une convention-cadre a été signée entre le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et l’Association tunisienne des fabricants de composants automobiles, en plus de six conventions spécifiques conclues entre l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI) et des entreprises du secteur.
Selon les autorités, ces accords devraient permettre la création de plus de 1.700 opportunités d’emploi, en améliorant l’adéquation entre les profils formés et les besoins des industriels.
Un secteur stratégique porté par les véhicules électriques et intelligents
Intervenant à cette occasion, le ministre Riadh Chaoued a insisté sur le caractère stratégique de l’emploi et sur la nécessité d’une mobilisation conjointe entre secteurs public et privé pour répondre aux défis du marché du travail.
Il a souligné l’importance de programmes mieux ciblés, dont celui des « grands recruteurs », afin d’adapter la formation aux besoins réels des entreprises, notamment dans les métiers émergents de l’automobile intelligente et électrique.
Le secteur des composants automobiles est aujourd’hui considéré comme l’un des plus dynamiques de l’industrie tunisienne, avec une forte orientation vers les technologies embarquées et les chaînes de valeur à forte intensité technologique.
Une filière à 120.000 emplois et des perspectives d’expansion
La filière automobile tunisienne emploie actuellement environ 120.000 personnes réparties dans près de 300 entreprises, ce qui en fait l’un des principaux employeurs industriels du pays.
Elle occupe également une place importante dans les exportations, portée par des activités telles que le câblage, les composants électroniques, les systèmes embarqués et les équipements destinés aux constructeurs internationaux.
Dans ce cadre, le ministère de l’Emploi annonce la création de plus de 1.700 recrutements pour l’année 2026 à travers les conventions signées entre l’ANETI et les entreprises du secteur.
Automotive Smart City : vers un écosystème à 150.000 emplois
Au-delà des mesures immédiates, les autorités misent sur le projet « Automotive Smart City », présenté comme un levier de transformation industrielle.
Ce programme vise à structurer un écosystème intégré autour des véhicules électriques, intelligents et des logiciels embarqués, avec un objectif d’investissements estimé à 1,3 milliard de dinars.
Selon le ministère de l’Industrie, ce projet pourrait contribuer à porter le nombre d’emplois liés à la filière automobile à environ 150.000 dans les prochaines années, consolidant ainsi l’ambition de la Tunisie de devenir une plateforme régionale dans ce domaine à forte valeur ajoutée.
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