La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis a ordonné, lundi 1er juin 2026, la remise en liberté de l’homme d’affaires Hatem Chaâbouni contre le versement d’une caution de 60 millions de dinars. Il est poursuivi dans une affaire portant sur l’octroi de crédits bancaires présumés irréguliers impliquant également d’anciens responsables d’une banque publique.
Selon une source judiciaire citée par l’agence TAP, cette décision intervient alors que l’homme d’affaires est détenu depuis juin 2024 dans le cadre d’un dossier impliquant également d’anciens responsables d’une banque publique.
Une affaire liée à l’octroi de crédits bancaires
L’enquête porte sur des crédits bancaires qui auraient été accordés en violation des procédures et réglementations en vigueur. Les investigations ont conduit à l’incarcération de plusieurs personnes, parmi lesquelles Hatem Chaâbouni et d’anciens cadres de l’établissement bancaire concerné.
À l’issue de l’instruction, les prévenus ont été renvoyés devant la juridiction compétente par la chambre d’accusation afin d’y être jugés.
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Blanchiment d’argent et abus de fonction
Les personnes poursuivies font face à plusieurs chefs d’inculpation, notamment le blanchiment d’argent en bande organisée, l’abus de fonction ainsi que l’exploitation de la qualité de responsable au sein d’une entreprise à participation publique dans le but d’obtenir des avantages indus.
Le dossier comporte également des accusations liées à des actes ayant causé un préjudice à l’administration et à des infractions à la réglementation régissant ce type d’opérations financières.
Les mis en cause sont enfin poursuivis pour complicité dans les faits reprochés, tandis que la procédure judiciaire suit son cours devant la chambre criminelle spécialisée.
Rappel des faits
Hatem Chaâbouni, actif dans les secteurs du fourrage et de la volaille, et trois cadres d’une banque publique dont un ancien directeur général, avaient été arrêtés le 4 juin 2024 pour fraude, détention et utilisation de biens frauduleux, et de blanchiment d’argent. Hatem Chaâbouni avait fait l’objet également d’un deuxième mandat de dépôt pour des infractions administratives.
Lors de son arrestation, Mohamed Zitouna, porte-parole du Tribunal de première instance de Tunis avait expliqué, que l’affaire remonte à une enquête menée par la première brigade centrale d’enquête sur les crimes financiers de la Garde nationale de l’Aouina concernant un homme d’affaires qui aurait utilisé ses entreprises pour effectuer des opérations financières suspectes et blanchir de l’argent, dans le but de légitimer des fonds d’origine douteuse.
Il aurait notamment augmenté le capital d’une banque publique de 25 millions de dinars, payés à partir d’un compte débiteur appartenant à l’une de ses entreprises, et, dans une seconde étape, un prêt bancaire de 11 millions de dinars lui aurait été accordé le même jour que sa contribution au capital, avec la complicité de certains responsables de cette banque, dans le but de légitimer l’augmentation de capital.
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