Donald Trump a-t-il empêché une frappe israélienne sur Beyrouth ? Depuis lundi soir, plusieurs médias américains et moyen-orientaux décrivent une intervention directe du président américain auprès de Benjamin Netanyahu pour éviter une nouvelle escalade au Liban, alors que les tensions entre Israël et le Hezbollah menaçaient de s’étendre jusqu’à la capitale libanaise.
Selon Axios, Donald Trump aurait vivement réprimandé le Premier ministre israélien lors d’un échange téléphonique particulièrement tendu, après l’annonce par Israël d’une possible extension de ses frappes vers la banlieue sud de Beyrouth. Le média américain, cité également par Al Jazeera, affirme que le président américain aurait personnellement contribué à bloquer le projet israélien.
Trump revendique un rôle direct dans l’apaisement
Donald Trump a lui-même déclaré avoir demandé à Benjamin Netanyahu de ne pas étendre les opérations militaires à Beyrouth. Le président américain a également affirmé avoir obtenu, via des intermédiaires, un engagement du Hezbollah à cesser ses tirs contre Israël.
« Il n’y aura pas de troupes allant à Beyrouth », a assuré Trump devant la presse américaine, affirmant que les discussions se poursuivaient afin d’éviter une extension régionale du conflit.
Ces déclarations marquent une implication inhabituelle et très directe de Washington dans la gestion tactique du front libanais, alors même que les affrontements se poursuivent dans le sud du Liban.
Netanyahu maintient la menace sur Beyrouth
Le bureau de Benjamin Netanyahu a toutefois rapidement nuancé les propos américains. Dans un communiqué, le Premier ministre israélien a affirmé que l’armée continuerait « d’opérer comme prévu dans le sud du Liban » et que Beyrouth pourrait être visée si les tirs du Hezbollah se poursuivaient contre Israël.
Autrement dit, Israël n’abandonne pas officiellement l’option d’une frappe contre la capitale libanaise, même si l’intervention américaine semble avoir temporairement gelé cette perspective.
Sur le terrain, l’agence nationale libanaise ANI rapporte que des frappes israéliennes se poursuivaient dans le sud du pays dans la nuit de lundi à mardi, faisant plusieurs blessés.
Selon le ministère libanais de la Santé publique, les frappes israéliennes au Liban ont fait 3433 morts et 10.395 blessés depuis le 2 mars. Plus d’un million de personnes auraient également été déplacées par le conflit, selon l’ONU et plusieurs médias internationaux.
L’Iran menace de quitter les négociations avec Washington
Derrière la crise libanaise apparaît surtout le dossier iranien.
Selon plusieurs sources régionales, Téhéran a averti Washington qu’une poursuite de l’escalade israélienne au Liban pourrait compromettre les discussions en cours entre les États-Unis et l’Iran.
Mohammad Bagher Ghalibaf, négociateur iranien et président du Parlement, a déclaré avoir informé le président du Parlement libanais Nabih Berri que si « l’agression contre le Liban continue », l’Iran pourrait non seulement suspendre les négociations avec Washington, mais aussi entrer « en confrontation directe avec l’ennemi ».
Cette pression iranienne semble avoir pesé dans la décision américaine de freiner Israël. Malgré ces menaces, Donald Trump a assuré que les discussions avec Téhéran continuaient « à un rythme rapide ».
Netanyahu fragilisé jusque dans sa majorité
En Israël, cette séquence provoque déjà des tensions politiques.
Des responsables de la droite israélienne et de la coalition gouvernementale reprochent à Netanyahu d’avoir cédé à la pression américaine après avoir annoncé une escalade militaire.
Plusieurs médias israéliens proches du camp nationaliste dénoncent un recul stratégique qui permettrait au Hezbollah de se réorganiser, même dans un contexte régional marqué par l’affaiblissement de l’Iran.
L’image d’un Netanyahu annonçant des frappes sur Beyrouth avant de devoir temporiser après un appel de Donald Trump pourrait laisser des traces durables dans le débat politique israélien.
Un conflit libanais désormais lié au dossier nucléaire iranien
Au-delà du Liban, cette séquence montre surtout que le dossier libanais est désormais directement connecté aux négociations américano-iraniennes.
Pour Washington, une extension de la guerre vers Beyrouth pourrait faire dérailler les discussions avec Téhéran et ouvrir une nouvelle phase d’instabilité régionale.
Le Liban apparaît ainsi de plus en plus comme un levier indirect dans le bras de fer entre les États-Unis, Israël et l’Iran, à un moment où la région reste suspendue à l’évolution des négociations stratégiques entre Washington et Téhéran.
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