Ilhem passe ses journées entre deux fenêtres. L’une est assaillie par les gourmets qui s’arrachent ses petits pains mlaoui, légers et consistants. L’autre est ouverte à toutes les personnes pressées ayant besoin d’une cigarette revendue au détail ou d’un crayon de couleur.
À la confluence de deux lycées historiques, Ilhem est au service des élèves de Sadiki et de la rue du Pacha. Parfois, des touristes en goguette se joignent aux adolescents qui attendent leur petit délice chaud et truffé de saveurs.
Ilhem est complètement plongée dans sa tâche et entre chapati mahdois et crêpes légères, elle fait de son mieux pour offrir le meilleur à ses clients. Pour elle, chaque geste compte autant qu’une pincée de condiments ou un instant de plus sur le grill.
Faisant son pain, le cuisant et le retournant Ilhem est absorbée par le jeu du feu et de la pâte. Ce qui ne l’empêche pas de veiller à l’excellence de chaque galette qu’elle produira et au bonheur du partage qui la lie aux théories de clients qui assiègent son minuscule restaurant.