Depuis l’enfance, Hattab Khlif a joué avec ses amis dans le bois de la colline de Byrsa et les parages de la cathédrale de Carthage. Il connaît tous les recoins et les petits secrets de ces lieux de haute mémoire.
Devenu adulte, cet originaire de Mahdia a installé sa boutique à quelques pas de la vénérable basilique. Il y vend des souvenirs et raconte aussi les siens, du temps où les pères blancs entraient dans le sanctuaire par une porte dérobée, lorsque la porte du musée se trouvait encore à l’envers de la cathédrale.
Hattab que ses amis chahutent en le surnommant Saint-Louis, a vécu plus de cinquante ans en haut de cette colline chargée d’histoire. Entre ses mosaïques à l’ancienne et ses masques grimaçants, il règne sur un territoire dont il avait rêvé.
Avec un français châtié, il égrène les anecdotes et sans jamais perdre le nord, vante sa marchandise dont il sait qu’elle recèle les méandres du passé et de la mythique Carthage.
Et lorsqu’il ouvre son cœur, Hattab devient intarissable. Il raconte alors l’aventure de son grand-père qui s’est retrouvé captif à Cayenne, celle des hôtels Saint-Louis et Reine Didon et aussi la sienne propre : celle d’un gavroche des campagnes de Carthage, épris d’histoire et de légendes.