La polémique autour du comportement de certains spectateurs lors des festivals d’été continue de prendre de l’ampleur en Tunisie. Après plusieurs séquences largement relayées sur les réseaux sociaux montrant des fans courant derrière des artistes, montant sur scène ou cherchant à tout prix à obtenir une photo, la présidente de l’Union nationale de la femme tunisienne (UNFT), Radhia Jerbi, appelle à un sursaut collectif.
Dans une déclaration accordée lundi à l’agence TAP, Radhia Jerbi a invité les organisateurs des festivals et les institutions publiques à veiller davantage à la qualité de la programmation artistique et au respect du bon goût, tout en luttant contre les contenus numériques susceptibles de porter atteinte à l’image de la société tunisienne, en particulier à celle des femmes.
« L’admiration d’un artiste ne passe pas par sa poursuite »
La responsable de l’UNFT estime que les images diffusées sur les réseaux sociaux, montrant des admiratrices poursuivant certains chanteurs ou tentant de monter sur scène pour prendre des selfies, alimentent une forme de violence numérique envers les femmes.
Selon elle, « admirer un artiste doit se faire à travers son œuvre et non en le poursuivant, en s’introduisant sur scène ou en imposant une photo avec lui ».
Elle rappelle également que la grande majorité des femmes présentes dans les festivals assistent aux spectacles dans le respect des règles et du public, sans adopter de comportements jugés déplacés.
Une polémique qui enfle cet été
Cette prise de position intervient alors que le débat prend de l’ampleur en Tunisie depuis plusieurs semaines. Plusieurs vidéos devenues virales montrent des spectateurs – principalement de jeunes femmes, mais parfois aussi des hommes – courir derrière des artistes à leur arrivée ou à leur sortie des festivals, envahir les abords de la scène ou tenter de les approcher pendant leurs prestations.
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Ces scènes ont suscité de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, où plusieurs internautes dénoncent des comportements jugés excessifs et incompatibles avec le bon déroulement des spectacles, tandis que d’autres estiment qu’il s’agit simplement de manifestations d’enthousiasme de la part du public.
Les organisateurs et les autorités appelés à agir
Radhia Jerbi appelle les commissions d’organisation des festivals à privilégier des programmations répondant aux attentes du public tout en préservant les valeurs de respect et de décence.
Elle demande également aux institutions publiques de renforcer la surveillance des pages et plateformes numériques qui diffusent des contenus portant atteinte à l’image des femmes, soulignant que certaines sont administrées par des personnes ne relevant pas du secteur des médias.
Les photojournalistes avaient déjà dénoncé certaines dérives
Cette sortie intervient également quelques jours après un communiqué de la commission des photojournalistes relevant du Syndicat national des journalistes tunisiens. Celle-ci avait affirmé que les débordements observés lors de certains festivals n’étaient pas le fait des photojournalistes professionnels, mais de gestionnaires de pages sur les réseaux sociaux cherchant à générer davantage de vues.
La commission avait également dénoncé le fait que certains de ces créateurs de contenus aient obtenu des accréditations grâce à des relations personnelles avec des bureaux de presse de festivals, alimentant ainsi les critiques sur les conditions d’accès aux événements culturels.