Plusieurs organisations tunisiennes de défense des droits et des libertés ont exprimé leur préoccupation face à la grève de la faim entamée par le journaliste Mourad Zeghidi pour protester contre son maintien en détention. Tout en saluant sa démarche, elles l’appellent à suspendre son mouvement en raison des risques qu’il fait peser sur sa santé.
Appel à l’arrêt du mouvement de protestation
Dans un communiqué commun publié le 6 juin, plusieurs organisations de la société civile ont affiché leur solidarité avec Mourad Zeghidi, actuellement en grève de la faim.
Les signataires estiment que le journaliste mène cette action de protestation afin de contester son maintien en détention et les procédures judiciaires engagées contre lui. Ils soulignent cependant leur inquiétude grandissante quant aux conséquences physiques et psychologiques que pourrait entraîner la poursuite de ce mouvement.
Tout en saluant la détermination de Mourad Zeghidi, les organisations de défense des droits humains l’exhortent à mettre fin à sa grève de la faim afin de préserver son intégrité physique.
Selon elles, cette suspension permettrait également de poursuivre dans de meilleures conditions les démarches judiciaires engagées pour sa défense ainsi que les actions de plaidoyer menées par les organisations concernées.
Les autorités appelées à garantir son suivi médical
Dans leur déclaration, les signataires rappellent que les autorités ont la responsabilité de garantir la sécurité du journaliste et de veiller au respect de ses droits fondamentaux.
Ils demandent notamment qu’un suivi médical régulier lui soit assuré et que tous les soins nécessaires lui soient prodigués afin de préserver son droit à la santé, à la vie et à la dignité.
Les organisations réitèrent par ailleurs leur demande de libération immédiate de Mourad Zeghidi, ainsi que de Borhen Bsaies, Zied El Heni et de l’ensemble des personnes poursuivies dans le cadre du décret-loi 54.
Le communiqué a été signé par plusieurs organisations de la société civile, dont la Ligue tunisienne des droits de l’homme, le Syndicat national des journalistes tunisiens, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux et l’Association tunisienne des femmes démocrates, aux côtés d’autres associations engagées dans la défense des droits humains et des libertés publiques.
Les journalistes Mourad Zeghidi et Borhan Bsaies avaient été condamnés, en janvier dernier à une peine de trois ans et six mois de prison ferme chacun, dans une affaire liée au blanchiment d’argent et à des infractions fiscales.
Arrêtés le 11 mai 2024, ils avaient également écopé de six mois de prison ferme lors de deux procès distincts, portant leur peine cumulée à un an de détention dans deux affaires liées à certaines de leurs prises de position médiatiques et publications sur les réseaux sociaux.
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