Le ministre tunisien de la Santé, Mustapha Ferjani, et son homologue algérien, Mohamed Sadik Aït Mesoudane, ont convenu d’accélérer la mise en place d’une commission mixte de coopération sanitaire, lors d’une rencontre tenue à Genève en marge de la 79e Assemblée mondiale de la santé.
Selon l’agence de presse algérienne, les deux responsables souhaitent donner un « nouvel élan » à la coopération bilatérale dans le domaine de la santé, à travers une approche basée sur la coordination permanente et l’intégration des projets communs.
Une commission centrée sur la transformation numérique
La rencontre a permis d’aborder plusieurs dossiers stratégiques, notamment la transformation numérique du secteur de la santé. Tunis et Alger ambitionnent de renforcer la digitalisation des services sanitaires, de moderniser les systèmes de gestion hospitalière et d’améliorer l’efficacité des établissements de santé.
Les discussions ont également porté sur le secteur pharmaceutique, avec un accent mis sur le renforcement de la coordination afin de garantir la disponibilité des médicaments et des produits de santé. Les deux parties ont aussi évoqué la mobilité scientifique, le partage d’expertises ainsi que le développement des échanges entre institutions hospitalières et centres de recherche.
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Les ministres ont, par ailleurs, insisté sur l’importance de renforcer la coopération dans le domaine de la transplantation d’organes, à travers l’échange d’expertises médicales et techniques ainsi que la mise en place de programmes de formation spécialisés.
Quel contexte dans le Maghreb ?
Au-delà des annonces officielles, cette relance de la coopération sanitaire intervient dans un contexte où les systèmes de santé maghrébins font face à des défis similaires : pression croissante sur les hôpitaux publics, pénuries périodiques de médicaments, besoin de modernisation numérique et départ de compétences médicales vers l’étranger.
Cette dynamique traduit également une volonté de construire une coopération régionale plus structurée dans des secteurs sensibles comme le médicament, la recherche médicale ou les technologies de santé. À terme, cette orientation pourrait permettre aux deux pays de réduire leur dépendance à certaines chaînes d’approvisionnement étrangères et de développer des projets communs dans la production pharmaceutique ou les services de santé numériques.
La question des régions frontalières pourrait aussi prendre une place importante dans cette coopération renforcée, notamment en matière de prise en charge des patients et d’échanges de compétences médicales entre établissements tunisiens et algériens.