Le Fonds monétaire international (FMI) tire la sonnette d’alarme sur les conséquences financières du conflit en cours au Moyen-Orient. Dans son Rapport sur la stabilité financière mondiale d’avril 2026, l’institution estime que la guerre constitue désormais l’un des principaux facteurs de vulnérabilité du système financier international, sur fond de tensions inflationnistes, de hausse des prix de l’énergie et de resserrement progressif des conditions monétaires.
Selon le FMI, les marchés mondiaux évoluent depuis plusieurs semaines dans un climat de fortes turbulences. Les principales places boursières ont enregistré un repli, tandis que les rendements obligataires ont progressé, sous l’effet du renchérissement de l’énergie et d’anticipations de taux directeurs plus élevés.
Le Fonds souligne que les pays émergents importateurs de matières premières, particulièrement dépendants des prix du pétrole et du gaz, apparaissent comme les plus exposés à ce choc.
Dette, finance non bancaire et bulle IA : les points de fragilité
Le rapport identifie plusieurs canaux d’amplification susceptibles de transformer les tensions actuelles en crise financière plus large.
Parmi les principales vulnérabilités figurent le niveau élevé de la dette publique, le recours croissant aux émissions souveraines à court terme, l’endettement important des institutions financières non bancaires, notamment les fonds spéculatifs, les risques de liquidité et de ventes forcées, la concentration excessive des valorisations sur le segment de l’intelligence artificielle, et l’affaiblissement du rôle de couverture traditionnel entre actions et obligations.
Le FMI avertit que ces facteurs pourraient accentuer la volatilité en cas de prolongation du conflit ou de nouveau choc sur l’offre énergétique.
Les banques centrales appelées à rester fermes
Face à ces menaces, le FMI appelle les décideurs à agir rapidement pour renforcer la résilience du système financier mondial.
Les priorités identifiées incluent une surveillance étroite des anticipations d’inflation, la consolidation de la crédibilité et de l’indépendance des banques centrales, le retour de la dette publique sur une trajectoire soutenable, l’achèvement de la mise en œuvre de Bâle III, une meilleure supervision du secteur financier non bancaire, et un partage renforcé des données entre pays.
L’institution estime que les autorités disposent encore de marges d’action, mais que la fenêtre pourrait se réduire si les tensions géopolitiques s’aggravent.
Des risques asymétriques
Le FMI relève que, pour l’heure, le fonctionnement des marchés reste globalement ordonné, sans signes majeurs de rupture de liquidité.
Mais cette apparente résistance ne doit pas masquer la réalité : les risques restent fortement orientés à la baisse. Une prolongation du conflit, une flambée durable du pétrole ou un choc simultané sur la dette et les marchés actions pourraient provoquer une phase de stress systémique plus sévère.