Depuis plusieurs jours, de nombreux consommateurs tunisiens observent avec étonnement une envolée des prix de certains légumes de base dans les marchés et points de vente du pays. Dans plusieurs régions, des acheteurs rapportent que le prix des tomates a atteint jusqu’à environ 4 000 dinars le kilogramme, tandis que le piment dépasse souvent les 5 000 dinars, des niveaux qui suscitent frustration et incompréhension parmi les ménages déjà confrontés à un coût de la vie élevé.
Cette hausse se déroule dans un contexte où l’inflation globale en Tunisie reste soutenue : l’indice des prix à la consommation a atteint 5 % au mois de mars 2026, et les prix des produits alimentaires continuent de progresser plus rapidement que ceux des autres catégories de biens, reflétant une pression sur le panier de consommation des familles tunisiennes. L’alimentaire, en particulier, enregistre une progression notable, tirée notamment par certains produits frais.
Facteurs saisonniers et l’intersaison agricole
Selon des acteurs agricoles tunisiens, cette flambée récente est largement liée à des facteurs saisonniers et à l’intersaison agricole. La période actuelle se situe entre deux grandes phases de production, ce qui réduit temporairement l’offre de légumes frais disponibles dans les circuits de commercialisation. En conséquence, les quantités de tomates et de piments sur les étals sont limitées, et la loi élémentaire de l’offre et de la demande tend naturellement à faire grimper les prix quand l’offre est faible par rapport à la demande.
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Les producteurs et représentants du secteur expliquent que ces variations sont attendues dans les périodes de transition entre deux campagnes de récolte, lorsqu’une partie des cultures de saison précédente est déjà écoulée et que les nouvelles productions ne sont pas encore disponibles en quantités suffisantes. Cette situation peut s’accentuer quand des légumes sont vendus hors de leur période de récolte habituelle, augmentant les coûts liés à leur culture, leur stockage et leur distribution.
Efforts pour stabiliser les marchés ?
Face à cette tension sur les prix, les autorités ont promis des efforts accrus pour stabiliser les marchés. Des ministères concernés ont assuré qu’ils renforcent les contrôles et cherchent à améliorer l’approvisionnement des marchés nationaux pour éviter les ruptures de stocks et limiter les pratiques spéculatives. Ils rappellent également que l’augmentation des rendements et l’arrivée prochaine de nouvelles productions saisonnières devraient contribuer, dans les semaines à venir, à atténuer ces fortes hausses et à ramener les prix vers des niveaux plus abordables, notamment avec l’entrée en production des cultures estivales.
Alors que les citoyens continuent de ressentir l’impact direct de ces variations sur leur pouvoir d’achat, la question de l’accès abordable à des produits de consommation courante comme la tomate et le piment reste au cœur des préoccupations dans le débat public et sur les marchés tunisiens.