La Tunisie et les États-Unis franchissent une nouvelle étape dans leur coopération de défense. Reçu à Tunis par le ministre de la Défense, l’amiral américain Ben Snell a échangé avec les autorités tunisiennes sur l’élargissement du partenariat militaire, dans un contexte marqué par la montée des menaces transfrontalières et des défis sécuritaires régionaux.
Une coopération stratégique en constante montée en puissance
Le ministre de la Défense Khaled Sehili a reçu mardi au siège du département le directeur du renseignement du commandement américain pour l’Afrique, Ben Snell, en présence de l’ambassadeur américain Bill Bazzi et de hauts responsables des deux pays.
A cette occasion, le ministre a mis en avant la profondeur des relations historiques entre la Tunisie et les États-Unis, rappelant qu’elles remontent à la fin du XVIIIe siècle. Il s’est également félicité des résultats du programme de coopération militaire bilatérale, marqué ces dernières années par des visites régulières de hauts responsables américains et par la livraison d’équipements destinés à améliorer la préparation opérationnelle de l’armée tunisienne.
Une feuille de route 2020-2030 au cœur du partenariat
Le responsable tunisien a souligné que cette coopération dépasse le simple cadre de l’assistance militaire, reposant sur un partenariat durable fondé sur la confiance, le respect mutuel et des intérêts stratégiques communs.
L’accent a été mis sur la poursuite de la feuille de route de coopération militaire 2020-2030, considérée comme l’axe structurant du partenariat entre Tunis et Washington. Cette stratégie vise en particulier le renforcement des capacités opérationnelles et logistiques des forces armées tunisiennes, ainsi que le développement du renseignement militaire.
- Lire aussi : Africom : Tunis s’affirme comme un partenaire clé de Washington pour la stabilité régionale
Les discussions ont également porté sur les menaces émergentes auxquelles la région est confrontée : terrorisme, criminalité transfrontalière organisée, traite des êtres humains, contrebande, trafic de stupéfiants et sécurisation des frontières.
Pour Tunis, cette coopération constitue un levier essentiel afin de moderniser les outils de surveillance, de renseignement et d’intervention, notamment dans les zones frontalières sensibles.
De son côté, Ben Snell a estimé que cette rencontre ouvre la voie à de nouvelles perspectives de coopération sécuritaire, dans un environnement international marqué par des défis de plus en plus complexes.
Washington réaffirme son soutien à Tunis
Le responsable d’AFRICOM a salué la solidité des relations tuniso-américaines et le rôle de la Tunisie dans la consolidation de la sécurité et de la stabilité régionales.
Il a réaffirmé l’engagement des États-Unis à accompagner les efforts tunisiens visant à renforcer les capacités de l’armée nationale, confirmant la place centrale de la Tunisie dans la stratégie sécuritaire américaine en Afrique du Nord et sur le flanc sud de la Méditerranée.