La Tunisie va bénéficier d’un financement supplémentaire de 90 millions de dollars de la Banque mondiale pour renforcer ses aides sociales. Cette enveloppe pourrait concerner près de 900 000 familles, dans un contexte marqué par une pression persistante sur le pouvoir d’achat.
Concrètement, ce financement devrait permettre d’élargir le nombre de bénéficiaires des aides sociales et de renforcer les montants versés aux familles les plus vulnérables. Pour près de 900 000 ménages, cela pourrait se traduire par un soutien plus régulier face à la hausse des prix et aux dépenses essentielles.
Ce nouvel appui s’inscrit dans la continuité d’un programme plus large, estimé à près de 700 millions de dollars sur cinq ans, qui a permis d’étendre significativement les aides sociales dans le pays.
Ce financement intervient après une séquence marquée, début février, par une multiplication des réunions entre la Banque mondiale et plusieurs ministères tunisiens, sans annonces chiffrées à l’époque.
Selon la Banque mondiale, ce dispositif a déjà bénéficié à plus de 895 000 familles à travers des transferts monétaires exceptionnels, tout en élargissant le programme « Amen Social » à plus de 386 000 ménages. Des allocations familiales ont également été accordées à plus de 150 000 enfants de moins de cinq ans.
Un élargissement ciblé vers les jeunes et les personnes vulnérables
Le nouveau financement vise à prolonger cette dynamique, avec une extension des allocations familiales à environ 450 000 enfants âgés de 6 à 18 ans issus de familles à faibles revenus. L’objectif affiché est de limiter le décrochage scolaire et d’améliorer l’accès à l’éducation.
Le programme prévoit également la création d’un fonds national dédié aux personnes en situation de handicap, destiné à soutenir leur inclusion sociale et économique.
Parallèlement, des initiatives d’insertion économique seront mises en place afin de favoriser l’autonomie des bénéficiaires, en combinant activités indépendantes et intégration progressive dans le marché du travail.
Une réforme structurelle du système social en toile de fond
Au-delà de l’aide directe, ce financement s’inscrit dans une transformation plus profonde du système de protection sociale tunisien. Les réformes engagées portent notamment sur la mise en place d’un registre social unifié, la digitalisation des paiements et l’amélioration du ciblage des bénéficiaires.
L’objectif est de passer d’un système fragmenté à un dispositif plus cohérent, fondé sur des données fiables et une meilleure coordination entre les différents programmes.
Si l’élargissement des aides marque une étape importante, des défis persistent, notamment en matière de ciblage, d’inclusion des populations les plus isolées et de soutenabilité financière.
Derrière cette nouvelle enveloppe de 90 millions de dollars se dessine ainsi une évolution plus large : celle d’un modèle social en mutation, appelé à gagner en efficacité mais encore confronté à des équilibres fragiles.
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