À chaque période de forte mobilité — fêtes religieuses, vacances ou week-ends prolongés — le même scénario se reproduit en Tunisie : des gares routières bondées, des voyageurs en attente pendant des heures et un système de transport sous pression.
Le témoignage de Moez Abed, secrétaire général du syndicat des chauffeurs de « louage » à Sousse, remet en lumière un dysfonctionnement structurel qui dépasse largement le cadre conjoncturel des périodes de pointe.
Un déficit du parc de transport
Selon lui, l’encombrement observé dans les stations s’explique principalement par un déficit du parc de transport et un manque d’organisation. Une réalité qui traduit une inadéquation persistante entre l’offre et la demande, particulièrement visible lors des pics de déplacement.
Face à cette situation, le Ministère du Transport active régulièrement des mesures exceptionnelles. Parmi elles, l’autorisation temporaire accordée aux véhicules « louage » de circuler sur l’ensemble du territoire, sans se limiter à leur zone géographique habituelle. Une solution pragmatique, mais qui reste ponctuelle et ne répond pas aux causes profondes de la crise.
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Car au-delà des dispositifs d’urgence, c’est bien la gouvernance du secteur qui est pointée du doigt. L’absence de coordination efficace entre les différents acteurs — autorités régionales, opérateurs publics et privés — contribue à amplifier les déséquilibres. Le problème n’est donc pas seulement quantitatif, mais aussi organisationnel.
Dans ce contexte, l’annonce prochaine de l’entrée en activité d’une entreprise citoyenne dédiée au transport dans la région de Sousse suscite un certain espoir. L’initiative vise à améliorer la fluidité des déplacements et à réduire la pression sur les stations. Toutefois, son impact réel dépendra de sa capacité à s’intégrer dans un écosystème déjà fragmenté.
Optimisation des circuits
En filigrane, cette crise récurrente pose une question de fond : celle de la réforme du système de transport en Tunisie. Sans une stratégie globale incluant le renouvellement du parc, l’optimisation des circuits et une meilleure régulation du secteur, les solutions ponctuelles risquent de ne faire que repousser un problème devenu structurel.
Ainsi, loin d’être un simple désagrément saisonnier, la saturation des transports apparaît comme le symptôme d’un modèle à bout de souffle, appelant des réponses durables et coordonnées.