De nouveaux cas d’asphyxie collective ont été signalés dans un établissement scolaire à Gabès, où plus de 60 élèves ont été touchés en quelques jours. Ces incidents ravivent les inquiétudes autour de la pollution industrielle dans la région. Ils interviennent dans un contexte judiciaire tendu, marqué par le rejet de la demande d’arrêt des unités du Groupe chimique tunisien.
Deux épisodes rapprochés qui inquiètent
Le 18 avril, une vingtaine d’élèves du collège Habib Bourguiba ont été victimes de malaises respiratoires. Quatre jours plus tard, le 22 avril, un second épisode, plus grave, a touché plus de 40 élèves dans le même établissement.
Dans les deux cas, les symptômes d’asphyxie ont nécessité une prise en charge rapide, alimentant une vive inquiétude parmi les familles et le personnel éducatif.
Une pollution industrielle toujours pointée du doigt
Ces incidents s’inscrivent dans un climat de contestation persistant contre les activités du Groupe chimique tunisien, régulièrement accusé d’être à l’origine d’émissions nocives dans la région.
Depuis des années, associations et habitants dénoncent la dégradation de la qualité de l’air et ses impacts sur la santé publique, notamment chez les enfants.
Une décision de justice qui ravive les tensions
La controverse a été relancée par une décision judiciaire rendue fin février. La justice a rejeté, en référé, la demande visant à suspendre l’activité des unités industrielles accusées de pollution, estimant que le préjudice n’était pas suffisamment établi en l’état du dossier et nécessitait des expertises scientifiques approfondies .
Cette décision, loin de clore le dossier, a renforcé la mobilisation des acteurs locaux, qui ont annoncé leur intention de faire appel et de poursuivre les actions en justice.
Une crise environnementale qui s’enlise
Malgré les alertes répétées, les mobilisations citoyennes et les incidents sanitaires récurrents, aucune solution concrète n’a encore émergé sur le terrain. La question de la pollution à Gabès reste au cœur d’un bras de fer entre impératifs industriels et exigences de santé publique.
Les nouveaux cas d’asphyxie viennent ainsi rappeler l’urgence d’une réponse structurelle, dans une région où la crise environnementale continue de s’aggraver.