Le projet de Zone franche d’activité commerciale et logistique de Ben Guerdane entre dans une nouvelle phase. Plusieurs textes juridiques sont en préparation pour assouplir son fonctionnement, tandis que les infrastructures extérieures sont en cours de finalisation et que l’aménagement interne doit démarrer.
L’annonce a été faite vendredi 25 septembre par le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, lors d’une visite de travail de deux jours dans le gouvernorat de Médenine. Selon le ministre, ses services élaborent parallèlement un plan d’action détaillé, assorti d’un calendrier précis, afin d’achever le projet dans les délais.
L’enjeu est désormais de faire passer la zone d’un projet d’infrastructure à un véritable outil commercial et logistique. Les nouveaux textes doivent notamment offrir davantage de flexibilité opérationnelle et permettre de lever certains obstacles susceptibles de ralentir sa concrétisation.
Une plateforme de 150 hectares tournée vers la Libye et l’Afrique
Implantée à Alouet El Gonna, à Choucha, dans la délégation de Ben Guerdane, la zone couvre 150 hectares. Sa vocation est clairement orientée vers le commerce et la logistique transfrontalière. Selon l’Office du Commerce de Tunisie, environ 70 % de l’activité seront consacrés aux opérations logistiques sous douane : exportation, réexportation, importation et transit. Les espaces commerciaux sous douane représenteront 20 %, tandis que les services et activités administratives occuperont les 10 % restants.
Cette configuration doit permettre à la zone de jouer le rôle de plateforme commerciale entre la Tunisie, la Libye et, au-delà, les marchés africains et européens. Le projet est également intégré au corridor terrestre envisagé pour relier la Tunisie à plusieurs pays africains.
Le gouverneur de Médenine, Walid Taboubi, a ainsi insisté sur la fonction de porte d’entrée vers la Libye et les marchés africains. Il a proposé la création d’une salle des opérations dotée d’un tableau de bord unifié, d’un calendrier de suivi et d’une répartition précise des responsabilités.
L’aménagement interne doit démarrer
Sur le terrain, le président du conseil d’administration de l’Unité de gestion du projet, Jamal Eddine El Fahem, fait état d’une progression satisfaisante. Le projet se trouve actuellement dans la phase de finalisation des infrastructures extérieures et de lancement de l’aménagement interne.
Cette étape intervient après plusieurs années de préparation. En décembre 2024, le gouvernement avait constitué la société chargée de la gestion et de l’exploitation de la zone et annoncé une nouvelle phase consacrée notamment aux études techniques et aux appels d’offres.
Le projet dispose également depuis octobre 2025 d’un plan d’affaires et d’un programme fonctionnel et technique pour sa première tranche, documents destinés à encadrer sa mise en œuvre.
La prochaine étape est donc désormais autant réglementaire qu’opérationnelle : finaliser le cadre juridique, achever les infrastructures extérieures et engager l’aménagement interne. L’objectif affiché par les autorités est de transformer les 150 hectares de Choucha en une plateforme capable de structurer les échanges avec la Libye et d’ouvrir davantage le Sud tunisien sur les marchés africains.
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