À l’occasion de la célébration de la Journée nationale de l’agriculture et du 62e anniversaire de l’évacuation agricole, le ministère tunisien de l’Agriculture a relancé un dossier aussi sensible que stratégique : celui des terres agricoles domaniales. Derrière les annonces officielles, un constat s’impose : malgré un arsenal juridique déjà en place, la gestion de ces vastes superficies continue de souffrir de dysfonctionnements et d’un manque de coordination entre les différents intervenants.
Une journée de travail organisée mercredi 13 mai 2026 à Tunis, en partenariat avec un programme de formation financé dans le cadre de la coopération tuniso-suisse, a ainsi été consacrée à « la vision future pour un suivi efficace des terres agricoles domaniales structurées ».
Un patrimoine foncier public
Dans une déclaration à la radio nationale tunisienne, Souad Bassou Ben Sassi a indiqué que les terres agricoles domaniales couvrent environ 500.000 hectares à travers le pays. Un patrimoine foncier public qualifié de « stratégique » pour l’économie agricole tunisienne.
Mais malgré l’existence de textes réglementaires et de circulaires communes entre les ministères de l’Agriculture et des Domaines de l’État encadrant les modalités d’exploitation de ces terres, plusieurs insuffisances persistent. Parmi les principaux problèmes relevés figurent la multiplicité des intervenants, le chevauchement des responsabilités et la faiblesse du suivi sur le terrain.
Selon la responsable, l’atelier vise précisément à établir un diagnostic détaillé de la situation afin d’identifier les lacunes et proposer des mécanismes plus efficaces de contrôle et d’accompagnement des exploitations agricoles concernées.
L’objectif affiché est clair : mettre en place un système de suivi plus performant pour les terres agricoles domaniales louées, dans l’espoir d’améliorer leur rendement et leur contribution à la production nationale.
Renforcer la souveraineté alimentaire
Ce chantier intervient dans un contexte où la Tunisie cherche à renforcer sa souveraineté alimentaire, alors que les défis climatiques, la hausse des coûts de production et les tensions sur certains produits agricoles accentuent la pression sur le secteur.
La question de la valorisation des terres domaniales revient régulièrement dans le débat public tunisien. Plusieurs rapports et critiques ont, au fil des années, pointé des problèmes de sous-exploitation, de rendement insuffisant ou encore de lenteurs administratives freinant certains projets agricoles.
Pour les autorités, une meilleure gouvernance de ce patrimoine foncier pourrait devenir un levier important pour stimuler l’investissement agricole, améliorer la production et soutenir l’emploi dans les régions rurales.