La question sensible du transport individuel s’est invitée au Parlement ce lundi 20 avril, lors d’une séance plénière consacrée aux questions orales adressées au ministre du Transport, Rachid Amri. Au cœur des débats : l’organisation du secteur des taxis, la transparence dans l’octroi des licences et l’essor des applications numériques. Le gouvernement annonce des mesures imminentes pour structurer un domaine en pleine mutation.
Une plateforme pour assainir les licences et simplifier les démarches
Interpellé par le député Tarek Mahdi, le ministre a assuré que son département suit de près les informations circulant autour du secteur, notamment celles liées à l’attribution des licences et aux conditions de service.
Pour répondre aux critiques récurrentes sur l’opacité des procédures, le ministère prévoit la mise en place d’une plateforme numérique dédiée. Celle-ci aura pour objectif d’organiser les cartes professionnelles des chauffeurs, de centraliser les demandes d’autorisation, et de simplifier et digitaliser les démarches administratives.
Une réforme présentée comme un levier pour améliorer la transparence et réduire les lenteurs bureaucratiques.
Applications de transport : vers un cadre légal
Autre chantier prioritaire évoqué par le ministre : la régulation des applications de transport, devenues incontournables dans les grandes villes.
Face à leur expansion rapide et à l’absence de cadre clair, le ministère du Transport affirme travailler sur un dispositif réglementaire visant à encadrer leur fonctionnement, définir leurs obligations vis-à-vis des chauffeurs et des usagers, et assurer une concurrence équitable avec les taxis traditionnels.
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Cette démarche intervient dans un contexte de tensions croissantes entre chauffeurs de taxi et plateformes numériques, accusées de déséquilibrer le marché.
Un secteur sous pression, entre modernisation et encadrement
Ces annonces s’inscrivent dans une dynamique plus large de réforme du transport public et individuel en Tunisie. Entre attentes des usagers et mutation digitale, le secteur des taxis se retrouve à un tournant.
La digitalisation des procédures et la régulation des applications pourraient constituer un premier pas vers une restructuration attendue depuis plusieurs années.