Dans trente-neuf jours, les 21 États membres du Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO se réuniront à Busan, en Corée du Sud, pour se prononcer sur la candidature de Sidi Bou Saïd. Pour la Tunisie, l’enjeu est historique : obtenir une reconnaissance internationale pour le célèbre village bleu et blanc, distincte de celle de Carthage, classée depuis 1979.
Mais avant le vote, un sujet retient particulièrement l’attention des experts chargés d’évaluer le dossier : la stabilité des falaises qui soutiennent la colline.
Pourquoi les falaises comptent dans l’évaluation
Le dossier tunisien est actuellement examiné par l’ICOMOS, l’organe consultatif de l’UNESCO chargé d’évaluer les candidatures au patrimoine mondial.
Sur le plan patrimonial, les arguments de Sidi Bou Saïd sont solides. Le village bénéficie d’une protection juridique remontant à 1915 et associe architecture arabo-andalouse, héritage soufi vivant et paysage exceptionnel dominant le golfe de Tunis.
Mais l’UNESCO ne s’intéresse pas uniquement à la valeur historique d’un site. Elle examine également son état de conservation et les moyens mis en œuvre pour le protéger.
Or, le dossier de candidature reconnaît lui-même que des risques géologiques et climatiques fragilisent certaines parties de la colline. La stabilité du terrain constitue donc l’un des points les plus sensibles de l’évaluation.
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Une réunion stratégique à quelques semaines du vote
Le 10 juin 2026, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, Slah Zouari, a présidé un comité de pilotage consacré au projet de protection du plateau de Sidi Bou Saïd contre les glissements de terrain.
Les autorités ont annoncé l’accélération des travaux destinés à consolider les falaises de grès et d’argile qui bordent le village.
Le calendrier n’est pas anodin. Quelques mois après l’évacuation préventive de huit bâtiments menacés par des mouvements de terrain, cette réunion envoie un message clair : la Tunisie reconnaît les risques et met en place des solutions concrètes pour préserver le site.
C’est précisément le type d’engagement que les experts de l’ICOMOS prennent en compte dans leurs recommandations.
Ce que l’UNESCO peut décider à Busan
La 48e session du Comité du patrimoine mondial se déroulera du 20 au 29 juillet à Busan. Le dossier de Sidi Bou Saïd figure parmi une trentaine de candidatures examinées cette année.
Deux scénarios sont possibles : une inscription immédiate sur la Liste du patrimoine mondial ou une demande de compléments avant une décision ultérieure. Ce second cas ne constituerait pas un échec. Djerba avait suivi un parcours similaire avant son inscription définitive en 2023.
À quelques semaines du vote, la Tunisie joue donc bien plus qu’un symbole. Une inscription consacrerait Sidi Bou Saïd comme l’un des grands paysages culturels de la Méditerranée et renforcerait durablement son attractivité internationale.
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