À l’occasion de la Journée mondiale des musées, célébrée chaque mai sous le thème « Les musées pour un monde divisé, des connexions pour la paix », l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture UNESCO a mis en avant trois pièces archéologiques tunisiennes portées disparues et inscrites sur sa plateforme numérique dédiée aux biens culturels volés.
Ces œuvres figurent dans le « musée virtuel des biens culturels volés », lancé en 2025 afin de faciliter l’identification et la restitution des objets patrimoniaux disparus, en coopération avec l’Organisation internationale de police criminelle Interpol.
Cupidon assis sur un dauphin
Parmi les pièces les plus remarquables figure une statuette romaine représentant un Cupidon assis sur un dauphin. L’objet, de très petite taille (environ neuf centimètres), a été découvert lors de fouilles menées entre 2002 et 2004 près d’un temple antique sur le site de Dougga. Datée de la période romaine en Afrique du Nord (146 avant J.-C. – 439 après J.-C.), cette sculpture en marbre blanc illustre un enfant chevauchant un dauphin, un motif fréquent dans l’iconographie antique.
Lire aussi : Tunisie-Italie : Valorisation des sites archéologiques du Cap Bon pour stimuler le tourisme
La plateforme recense également une tête sculptée de divinité en marbre blanc, mise au jour en 1998 près du Capitole du même site archéologique. Haute d’environ vingt centimètres, cette pièce, bien que partiellement endommagée, constitue un témoignage important de l’art sculptural romain en Afrique du Nord.
Autre élément notable : une page enluminée du Coran, provenant de la bibliothèque de la Grande Mosquée de Kairouan Great Mosque of Kairouan. Rédigée en écriture coufique polychrome et ornée de décorations dorées séparant les versets, elle est datée du Xe siècle et illustre la richesse du patrimoine manuscrit islamique en Tunisie.
Technologies numériques pour faciliter le repérage
Lancée lors de la conférence mondiale MONDIACULT tenue à Barcelone en septembre 2025, la plateforme de l’UNESCO s’appuie sur des technologies numériques pour faciliter le repérage des biens culturels disparus et accélérer leur restitution. L’organisation indique par ailleurs avoir élargi son accès avec une version espagnole destinée aux pays d’Amérique latine.
Depuis son lancement, la plateforme a enregistré plus de 1,6 million de visites, signe d’un intérêt croissant pour la lutte contre le trafic illicite de biens culturels et la préservation du patrimoine mondial.