Le bilan de l’accidentalité routière continue de se dégrader en Tunisie malgré une baisse du nombre d’accidents. Au 31 août 2026, l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR) recense 897 morts, contre 822 à la même période de 2025, soit une hausse de 9,12%. Dans le même temps, le nombre d’accidents a reculé de 17,65%, à 3085, confirmant un paradoxe préoccupant : les accidents sont moins nombreux, mais ils sont plus meurtriers.
897 morts depuis le début de l’année
Selon les données de l’ONSR, 897 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la circulation depuis le début de l’année, contre 822 durant la même période de 2025.
Cette hausse de 75 décès intervient alors même que le nombre total d’accidents enregistrés a diminué. Au 31 août, 3085 accidents ont été recensés, contre un niveau nettement supérieur un an auparavant.
L’évolution des décès apparaît ainsi particulièrement préoccupante au regard de la baisse de la sinistralité globale.
116 décès en 26 jours
La comparaison avec le dernier bilan publié par Webdo permet de mesurer l’accélération récente.
Au 5 août 2026, l’ONSR recensait 781 morts, 2712 accidents et 3554 blessés. Au 31 août, ces chiffres atteignent respectivement 897 morts, 3085 accidents et 4037 blessés. En seulement 26 jours, le bilan s’est donc alourdi de 116 décès, 373 accidents et 483 blessés.
Cette évolution montre que la baisse enregistrée sur l’ensemble de la période ne signifie pas une amélioration de la gravité des accidents. Au contraire, la mortalité continue de progresser.
Des accidents moins nombreux, mais plus meurtriers
Le contraste entre les deux indicateurs constitue l’un des principaux enseignements du nouveau bilan.
D’un côté, le nombre d’accidents diminue de près de 18% sur un an. De l’autre, le nombre de personnes tuées augmente de plus de 9%.
Cette situation traduit une létalité accrue des accidents, même si les seuls chiffres globaux ne permettent pas d’en déterminer à eux seuls les causes.
Elle rappelle également que la diminution du nombre d’accidents ne suffit pas, à elle seule, à mesurer l’évolution de la sécurité routière.
Des données encore provisoires
L’ONSR précise que les données relatives à l’année 2026 sont provisoires et font l’objet d’une actualisation quotidienne.
Pour l’heure, les chiffres disponibles dressent néanmoins un constat préoccupant : malgré moins d’accidents recensés, la Tunisie compte déjà 75 morts de plus qu’à la même période de 2025, tandis que le bilan s’est alourdi de 116 décès depuis le dernier point publié début août. Le paradoxe reste donc entier : la fréquence des accidents recule, mais leur bilan humain s’aggrave.
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