Le crédit bancaire a accéléré au premier semestre 2026, avec une progression de 2,4%, équivalant à environ 2,8 milliards de dinars, contre seulement 0,9% durant la même période de 2025. Cette reprise a toutefois été accompagnée d’une hausse de 1,944 milliard de dinars des créances gelées, tandis que la progression des financements reste très concentrée sur les professionnels et ralentit nettement du côté des particuliers.
Les crédits accélèrent
Selon la note de conjoncture de la Banque centrale de Tunisie (BCT), les crédits à l’économie ont progressé de 2,4% au cours des six premiers mois de 2026.
Le rythme de croissance s’est ainsi nettement accéléré par rapport au premier semestre 2025, lorsque l’augmentation des crédits n’avait atteint que 0,9%.
En valeur, la hausse représente environ 2,8 milliards de dinars. Cette évolution traduit une reprise plus marquée de la distribution de crédits par le système bancaire, après une progression relativement limitée un an auparavant.
Mais cette augmentation globale masque des évolutions très différentes selon les catégories d’emprunteurs.
Les professionnels captent l’essentiel de la hausse
Les entreprises et autres professionnels concentrent l’essentiel de la progression enregistrée au premier semestre. Les crédits qui leur sont destinés ont augmenté de 2,199 milliards de dinars sur la période.
À l’inverse, la progression des crédits accordés aux particuliers s’est fortement ralentie. Elle n’a représenté que 108 millions de dinars, soit une contribution très limitée à l’augmentation globale des financements.
La reprise du crédit apparaît donc principalement portée par le financement de l’activité professionnelle, plutôt que par une relance du crédit aux ménages.
Une hausse des créances gelées à surveiller
L’autre élément marquant de la note de conjoncture concerne les créances gelées, dont le montant a augmenté de 1,944 milliard de dinars au cours du premier semestre.
Cette évolution constitue un point de vigilance alors que les banques augmentent parallèlement leurs financements.
La progression des crédits ne signifie donc pas automatiquement une amélioration de la qualité des portefeuilles bancaires. La hausse des créances gelées souligne au contraire l’importance du suivi des risques liés aux emprunteurs et de la capacité de remboursement des bénéficiaires de crédits.
Il convient toutefois de ne pas confondre les deux évolutions : les 2,8 milliards de dinars correspondent à la progression des crédits à l’économie, tandis que les 1,944 milliard représentent l’augmentation des créances gelées. Il s’agit de deux indicateurs distincts.
Une reprise à interpréter avec prudence
Le bilan du premier semestre présente ainsi un paysage contrasté. Le financement de l’économie retrouve un rythme de croissance plus soutenu, principalement grâce aux crédits accordés aux professionnels.
Mais cette dynamique s’accompagne d’une progression importante des créances gelées, tandis que les particuliers ne bénéficient que marginalement de l’augmentation des financements.
La tendance devra donc être suivie dans les prochains mois pour déterminer si l’accélération du crédit s’accompagne d’une amélioration durable du financement de l’économie ou d’une montée des risques dans les portefeuilles bancaires.
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