L’homme d’affaires et ancien président de l’Étoile sportive du Sahel, Ridha Charfeddine, a engagé une nouvelle démarche judiciaire dans le cadre du dossier de corruption financière et administrative qui le concerne. Sa défense a demandé, lundi 13 juillet, le report de l’examen de l’affaire afin de permettre l’aboutissement des procédures liées à une demande de réconciliation pénale déposée auprès des autorités compétentes.
L’affaire a été examinée par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le tribunal de première instance de Tunis. La demande de report formulée par les avocats de Ridha Charfeddine intervient dans l’attente d’une décision concernant son dossier de réconciliation, présenté conformément au cadre légal régissant ce mécanisme, rapporte la radio Mosaique fm.
Une tentative de règlement à l’amiable du dossier
À travers cette démarche, la défense de Ridha Charfeddine cherche à obtenir une issue fondée sur le mécanisme de réconciliation pénale, qui permet, sous certaines conditions prévues par la réglementation tunisienne, de traiter certains dossiers liés aux infractions économiques et financières.
La requête intervient alors que l’ancien député et dirigeant sportif reste concerné par une lourde procédure judiciaire, avec une condamnation déjà prononcée par la même chambre criminelle.
Une condamnation de 11 ans de prison
Dans une précédente décision, Ridha Charfeddine avait été condamné à 11 ans de prison pour des faits de blanchiment d’argent liés à l’exploitation de facilités obtenues dans le cadre d’activités impliquant des infractions bancaires et fiscales.
Son frère avait écopé de 7 ans de prison, tandis qu’un ancien président d’une association sportive avait été condamné à 10 ans de prison ferme. Des amendes avaient également été prononcées à l’encontre des accusés.
L’enquête à l’origine de cette affaire avait été ouverte après la découverte, par les services de la sûreté nationale, d’un réseau présumé impliqué dans des opérations d’escroquerie et de blanchiment d’argent.
Les investigations avaient concerné Ridha Charfeddine, son frère, un troisième prévenu ainsi que plusieurs autres personnes soupçonnées d’avoir participé aux faits examinés par la justice.
Réconciliation pénale, une « nouvelle opportunité » offerte ?
La décision attendue concernant la demande de réconciliation pénale constitue désormais un élément central de l’évolution de cette affaire. En sollicitant ce mécanisme, Ridha Charfeddine tente d’obtenir une nouvelle perspective judiciaire alors que son dossier demeure marqué par une condamnation lourde.
Rappelons que la Commission nationale de réconciliation pénale, instituée en 2022, est chargée d’examiner les dossiers de personnes impliquées dans des affaires de corruption économique et financière.
Le 10 juin dernier, le chef de l’État Kaïs Saïed avait évoqué « nouvelle opportunité » offerte aux personnes concernées, en Tunisie comme à l’étranger, pour régulariser leur situation, à travers cette réconciliation pénale.
Le président de la République avait par ailleurs estimé que cette relance constituait une nouvelle possibilité pour les personnes concernées de conclure une réconciliation sincère dans le cadre de la loi, qu’elles soient détenues en Tunisie ou établies à l’étranger.
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