Nouvelle crise en vue entre les pharmacies privées et la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). La tension monte de nouveau autour des remboursements, avec l’annonce par le Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées de la suspension de la prise en charge des ordonnances des affiliés à la CNAM à partir du 1er juillet.
Cette décision, annoncée par le secrétaire général du syndicat, Mohamed Salah Kaddachi, intervient après ce que les pharmaciens qualifient de « non-respect des engagements » pris par la CNAM dans le cadre du mémorandum d’entente signé en janvier dernier.
Au cœur du différend : les montants impayés dus par la caisse aux pharmaciens, dont l’échéance de règlement avait été fixée au 30 juin. Selon la profession, la CNAM n’a pas honoré ce calendrier, ravivant une crise devenue presque cyclique.
Un conflit à répétition
Ce n’est pas la première fois que les relations entre la CNAM et les pharmaciens atteignent un point de rupture. Depuis plusieurs années, les retards de paiement s’accumulent, provoquant régulièrement des menaces de suspension ou des arrêts effectifs de la convention entre les deux parties.
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Ces tensions traduisent des difficultés financières plus profondes au sein de la CNAM, confrontée à un déséquilibre chronique entre ses ressources et ses dépenses. La hausse continue du coût des soins, l’augmentation des dépenses pharmaceutiques et les problèmes de recouvrement des cotisations fragilisent l’équilibre du système.
Une pression croissante sur les pharmacies
Pour les pharmaciens, ces retards pèsent lourdement sur leur trésorerie. Beaucoup dénoncent une situation intenable, notamment dans un contexte marqué par la hausse des prix des médicaments et des charges d’exploitation.
La suspension annoncée signifie concrètement que les assurés sociaux devront, à partir du 1er juillet, avancer eux-mêmes les frais de leurs médicaments avant d’espérer un remboursement, sauf accord de dernière minute entre les deux parties.
Un scénario déjà vu à plusieurs reprises, qui remet une fois encore en lumière la fragilité du modèle de financement de l’assurance maladie en Tunisie et l’urgence d’une réforme durable.