Face à la question sensible du retour des éléments terroristes depuis les zones de conflit, le ministère de l’Intérieur détaille une stratégie articulée autour du contrôle aux frontières, du suivi judiciaire, de l’isolement carcéral et des programmes de réhabilitation. Une approche sécuritaire globale destinée à prévenir toute infiltration et à encadrer les profils jugés à haut risque.
Le ministère de l’Intérieur a détaillé sa stratégie concernant les éléments terroristes revenant des foyers de tension, affirmant que les unités sécuritaires exécutent les avis de recherche émis contre les individus déjà rentrés comme contre ceux encore présents à l’étranger. Cette réponse a été apportée à une question écrite de la députée Fatma Mseddi sur la gestion de ces profils à risque, selon une publication du portail du Parlement tunisien.
Surveillance renforcée aux frontières et dans les zones désertiques
Le département de l’Intérieur souligne que des mesures préventives aux frontières sont appliquées pour empêcher toute infiltration ou tentative de retour clandestin, notamment via les circuits de migration irrégulière.
Le dispositif comprend un renforcement de la sécurisation des postes frontaliers, la surveillance des pistes sahariennes par des patrouilles mobiles mixtes entre l’armée et la garde nationale, ainsi que le déploiement d’équipements électroniques avancés.
Une approche articulée autour de quatre axes
Le ministère précise adopter une approche globale fondée sur quatre piliers : le cadre juridique, les procédures de prise en charge, le parcours judiciaire et les mesures carcérales avec réhabilitation.
Sur le plan légal, cette stratégie s’appuie sur la Constitution tunisienne, la loi organique n°26 de 2015 relative à la lutte contre le terrorisme et au blanchiment d’argent, amendée en 2019, ainsi que sur le Code pénal et les conventions internationales ratifiées par la Tunisie en matière de droits humains, de protection des réfugiés et de droit international humanitaire.
Coordination diplomatique et suivi judiciaire
Concernant les procédures de réception, le ministère évoque une coordination diplomatique et judiciaire préalable avec les pays concernés, incluant la transmission des dossiers, des preuves et des données biométriques, accompagnées d’une première évaluation des risques.
Dès l’arrivée d’un individu concerné, le parquet est immédiatement informé afin d’ouvrir une enquête judiciaire. Les dossiers sont ensuite orientés vers les chambres criminelles sur la base des faits reprochés, tels que l’adhésion à une organisation terroriste, l’entraînement ou la participation à des combats. Des commissions rogatoires internationales peuvent également être activées pour compléter les preuves numériques et testimoniales.
Isolement carcéral et programmes de déradicalisation
Pour les profils considérés comme les plus dangereux, l’administration pénitentiaire prévoit un hébergement dans des quartiers spécifiques afin d’éviter tout phénomène de radicalisation ou de recrutement en prison. Le niveau de dangerosité fait l’objet d’évaluations régulières, tandis que les communications et visites sont contrôlées dans le respect du cadre légal.
Le ministère précise également que ces détenus sont intégrés dans des programmes de désengagement idéologique et de prise en charge psychologique et sociale, avec un suivi préparé en amont de leur libération pour limiter les risques de récidive ou de reconstitution de réseaux.