À l’occasion de la Journée du savoir, célébrée lundi 17 août 2026 au palais de Carthage, Kaïs Saïed a développé une vision de l’école qui dépasse la réforme des programmes et des conditions matérielles d’apprentissage. Le président de la République a notamment proposé de sensibiliser régulièrement les élèves aux dangers des drogues et d’ouvrir davantage les établissements aux activités culturelles.
Quelques minutes consacrées aux dangers des drogues
Dans son discours prononcé lors de la cérémonie, Kaïs Saïed est revenu sur ce qu’il présente comme une « guerre contre les drogues ». Il a évoqué la possibilité de consacrer quelques minutes au début des cours pour informer les élèves des risques qui menacent la jeunesse.
Le chef de l’État a ainsi avancé une piste destinée à renforcer la prévention contre les drogues en milieu scolaire. Sans entrer dans les modalités de sa mise en œuvre, il a suggéré que ces moments de sensibilisation permettent d’informer les élèves sur les substances en circulation et leurs conséquences sanitaires et sociales.
Il a également appelé les médias nationaux à diffuser des contenus consacrés aux dangers des différentes drogues circulant dans la société tunisienne. Selon lui, ceux qui auraient cherché à « faire exploser l’État » auraient également voulu « faire exploser la société ».
Cinéma, théâtre et activités artistiques à l’école
Cette prévention s’inscrit dans une conception plus large de l’établissement scolaire. Kaïs Saïed estime que celui-ci ne doit pas se limiter à la transmission des cours et à l’acquisition des connaissances.
Il a plaidé pour la création de clubs culturels consacrés notamment au cinéma, au théâtre et aux différentes formes d’expression artistique. Ces activités devraient, selon lui, contribuer à l’acquisition des connaissances, à l’élévation du goût et à la consolidation de l’esprit national.
Le président a aussi évoqué les arts de la calligraphie et regretté que certains élèves et étudiants remplacent désormais des lettres arabes par des chiffres ou des symboles dans leurs échanges numériques.
Une réforme éloignée des calculs politiques
Kaïs Saïed a parallèlement rappelé le lancement des travaux du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, présenté comme une institution constitutionnelle appelée à préparer la réforme du secteur.
Cette réforme devra, selon lui, reposer sur des critères objectifs, répondre aux choix des Tunisiens et rester à l’écart des « tiraillements politiques ». Il a également critiqué certaines réformes antérieures qui n’auraient pas été « innocentes » et rejeté toute orientation éducative imposée depuis l’étranger.
« Notre enseignement, nous le choisissons comme le choisit le peuple tunisien », a-t-il affirmé, en défendant un système national, démocratique et accessible à tous sur un pied d’égalité.
Transport, santé et architecture scolaire
Le chef de l’État a enfin insisté sur les conditions concrètes de la réussite : transport, santé, accompagnement social, orientation, fournitures scolaires et entretien des établissements.
Il a aussi abordé l’architecture des écoles, en citant l’aération, l’éclairage et la nécessité de prévoir des espaces adaptés aux activités culturelles. La Présidence a, de son côté, indiqué que Kaïs Saïed avait demandé aux membres du Conseil supérieur de travailler intensivement à l’élaboration d’un enseignement « national et démocratique » issu de la volonté du peuple tunisien.
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