À quelques jours de la rentrée universitaire, la question du logement revient au premier plan. Le secrétaire général de l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET), Mohamed Ouled Mohamed, estime qu’environ 10.000 étudiants pourraient ne pas obtenir de place dans les foyers universitaires durant l’année 2026-2027, en raison d’une capacité jugée insuffisante face aux demandes.
Cette estimation syndicale intervient alors que les inscriptions et l’attribution des logements pour la nouvelle année universitaire sont déjà engagées. Elle remet surtout en lumière l’écart entre les besoins exprimés par les étudiants et les capacités effectivement disponibles.
Une capacité qui reste sous pression
Dans une intervention sur les ondes de Diwan FM, samedi 12 septembre, le secrétaire général de l’UGET, a estimé que le nombre de lits disponibles auprès des offices des œuvres universitaires ne permettrait pas de couvrir l’ensemble des demandes. À cette insuffisance quantitative s’ajoutent, selon lui, des difficultés liées à l’état des infrastructures et au surpeuplement de certains foyers.
Le dispositif repose par ailleurs sur des critères d’attribution qui peuvent limiter l’accès au logement. Le portail national des services administratifs précise notamment que l’étudiant doit, en principe, avoir son établissement situé à au moins 30 kilomètres de son domicile, tandis que les attributions exceptionnelles restent limitées aux places disponibles et soumises à des critères spécifiques.
La situation peut donc être particulièrement sensible pour les étudiants issus de régions éloignées ou confrontés à des difficultés sociales.
Les régions au cœur de la problématique
La question de la répartition géographique des foyers apparaît également dans la déclaration de l’UGET. Mohamed Ouled Mohamed appelle à abandonner une implantation jugée trop éloignée des établissements universitaires et propose la création de nouvelles cités universitaires, notamment dans des zones où la pression sur le logement est importante.
Pour les nouveaux bacheliers affectés dans les établissements du Nord, par exemple, les démarches de demande de logement ont été ouvertes à partir du 20 août dans les gouvernorats de Tunis, Ariana, Ben Arous, Manouba, Le Kef, Jendouba, Béja, Bizerte, Siliana, Zaghouan et Nabeul.
L’UGET insiste également sur la situation des étudiants ayant des besoins spécifiques, pour lesquels elle réclame une priorité dans l’accès aux services universitaires. Elle alerte enfin sur la hausse des loyers des logements privés, qui constitue une solution de substitution de plus en plus coûteuse pour les étudiants exclus des foyers.
Une estimation qui attend encore sa confrontation officielle
Le chiffre de 10.000 étudiants doit toutefois être présenté comme une estimation syndicale, et non comme un déficit officiellement établi. Le ministère de l’Enseignement supérieur n’a pas, dans les éléments actuellement disponibles, confirmé ce volume ni publié un rapprochement national entre le nombre de demandes et le nombre de lits effectivement disponibles.
C’est précisément cette confrontation entre demandes enregistrées, capacité réelle des offices, nouvelles places annoncées et répartition régionale qui permettra de mesurer l’ampleur du déficit pour 2026-2027.
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