Longtemps perçues comme une réserve lointaine, les eaux souterraines du Sahara septentrional deviennent un dossier stratégique entre Tunis, Alger et Tripoli. Réunis dans la capitale libyenne, les trois pays ont adopté la Déclaration de Tripoli et signé le statut d’un mécanisme permanent de concertation autour de cette ressource partagée.
Cette initiative vise à renforcer la coordination entre les trois pays, à améliorer l’échange de données et à encadrer l’exploitation des nappes souterraines, dans un contexte marqué par la rareté de l’eau et les effets du changement climatique.
Une ressource stratégique à protéger
Selon le communiqué du ministère de l’Agriculture, relayé par la TAP, le mécanisme adopté doit favoriser une gestion participative et durable des ressources hydriques communes, tout en développant la coopération technique et scientifique entre les trois pays.
L’enjeu est d’autant plus important que le système aquifère du Sahara septentrional est considéré comme l’un des plus grands réservoirs d’eau souterraine au monde. D’après l’AFP, citée par France 24, ses réserves sont estimées à plus de 40 000 milliards de mètres cubes d’eau fossile, dont une partie seulement est exploitable. Ces ressources se situeraient à 62 % en Algérie, 30 % en Libye et 8 % en Tunisie.
L’Algérie assure la présidence tournante
Les travaux de Tripoli ont également permis d’adopter le règlement intérieur de l’instance de concertation, de valider les contributions financières annuelles des pays membres et de confier la présidence de la session actuelle à l’Algérie.
Pour la Tunisie, représentée par le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzedine Ben Cheikh, cette démarche s’inscrit dans une volonté de renforcer la coopération régionale autour de l’eau, devenue un enjeu central de sécurité et de développement durable.
Cette dynamique prolonge les engagements pris lors de la réunion consultative tenue à Tunis le 22 avril 2024 entre les dirigeants tunisien, algérien et libyen, qui avaient convenu d’accélérer la mise en place d’un mécanisme commun d’exploitation des eaux souterraines partagées.
Cette étape prolonge également l’accord tripartite signé le 24 avril 2024 à Alger par les ministres chargés des ressources hydriques des trois pays, dans le sillage de la réunion consultative tenue deux jours plus tôt à Tunis.
En marge de cette visite à Tripoli, Ezzedine Ben Cheikh s’est également entretenu avec son homologue libyen autour de la coopération dans les domaines de la pêche, de l’aquaculture et de la protection des ressources marines.
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