La lutte contre les pratiques spéculatives dans le secteur de l’eau minérale s’intensifie en Tunisie. Plus de 550 infractions ont été relevées et plus de 470.000 litres d’eau minérale saisis depuis le début du mois d’août, selon le directeur des recherches économiques au ministère du Commerce, Samir Khalfaoui. Les quantités saisies ont été réinjectées dans les circuits légaux et distribuées aux consommateurs, tandis que les unités de production fonctionnent désormais à un rythme normal, selon le responsable.
Les saisies ont plus que doublé
Le nouveau bilan marque une progression spectaculaire par rapport aux chiffres communiqués le 20 août.
Entre le 1er et le 18 août, les services du contrôle économique avaient annoncé 186.543 litres d’eau minérale saisis et 291 infractions dans ce secteur.
Au 27 août, le volume saisi dépasse désormais 470.000 litres, tandis que le nombre d’infractions dépasse 550. Le volume saisi a donc augmenté d’au moins 283.457 litres en quelques jours et représente désormais plus de 2,5 fois le précédent bilan.
Cette accélération intervient alors que la pénurie d’eau minérale a provoqué d’importantes tensions sur le marché durant le mois d’août.
Les eaux saisies remises dans les circuits légaux
Selon Samir Khalfaoui, les quantités saisies n’ont pas été simplement retirées du marché. Elles ont été orientées vers les circuits légaux et distribuées au profit des consommateurs.
Le responsable du ministère du Commerce indique également que les services régionaux et les équipes centrales de contrôle ont supervisé des opérations de distribution dans le cadre de ce dispositif.
L’objectif est donc double : sanctionner les pratiques considérées comme illégales tout en réinjectant rapidement les produits récupérés dans le circuit de distribution.
Des infractions liées surtout aux prix et à « l’accaparement »
Les plus de 550 infractions annoncées jeudi concernent principalement des hausses de prix et des pratiques monopolistiques, selon le directeur des recherches économiques.
Ce chiffre doit être distingué du bilan global du contrôle économique. Entre le 1er et le 18 août, le ministère du Commerce avait recensé 3826 infractions économiques tous secteurs confondus, dont 291 dans le seul secteur de l’eau minérale.
Le secteur de l’eau minérale fait donc l’objet d’un suivi spécifique, notamment depuis l’entrée en vigueur, le 19 août, de la décision fixant les marges bénéficiaires maximales et les prix de vente au public de l’eau minérale conditionnée.
Les unités de production tournent désormais normalement
Au-delà des opérations de contrôle, Samir Khalfaoui apporte également un élément important sur l’évolution de la pénurie.
Selon lui, les unités de production d’eau conditionnée fonctionnent actuellement à un rythme normal et sont en mesure de répondre aux besoins de la consommation.
Le responsable reconnaît toutefois que la consommation a fortement augmenté (+30%), contribuant à l’épuisement des stocks. Il cite également plusieurs facteurs ayant affecté le rythme de production au cours de la période précédente, notamment les fortes températures et les coupures répétées d’électricité.
Il estime ainsi que l’approvisionnement en eau conditionnée retrouvera son rythme normal une fois cette période exceptionnelle passée.
Une pénurie qui révèle plusieurs fragilités
Le nouveau bilan donne donc une image plus nuancée de la situation.
D’un côté, la production a repris un rythme jugé normal et les quantités saisies sont réinjectées dans les circuits de distribution. De l’autre, l’ampleur des saisies et le nombre d’infractions relevées montrent que les tensions sur le marché ne résultaient pas uniquement d’un problème de production.
Les contrôles ciblent précisément les hausses de prix et les pratiques monopolistiques, alors que la demande a fortement progressé avec les températures exceptionnellement élevées.
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