La Tunisie veut revoir sa manière de promouvoir ses dattes à l’international. Alors que les exportations de la filière viennent de dépasser pour la première fois le milliard de dinars, le ministère du Commerce prépare un plan spécifique destiné à renforcer la présence du produit tunisien sur les marchés étrangers et à diversifier ses débouchés.
Sortir d’une promotion limitée à la saison
Réuni lundi 5 octobre pour examiner les préparatifs de la nouvelle campagne, le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a appelé à une approche couvrant l’ensemble de la filière, de la production au stockage, jusqu’à la commercialisation.
Le ministère travaille ainsi, en concertation avec les parties concernées, sur une planification spécifique de promotion des dattes, conçue sur le modèle de celle consacrée à l’huile d’olive. L’objectif est d’adapter la promotion aux caractéristiques de chaque marché et à l’évolution de la demande internationale, notamment en mettant davantage en avant les dattes comme produit sain.
Le ministre veut surtout rompre avec une promotion concentrée sur quelques périodes de l’année. Il appelle à passer à une stratégie durable, fondée sur l’anticipation des besoins des marchés et sur une présence commerciale continue.
Cette orientation intervient quelques jours après un atelier international consacré précisément au marketing et à la promotion mondiale des dattes, où la Tunisie a mis en avant la nécessité de diversifier ses marchés, ses produits et ses méthodes de commercialisation.
Plus d’un milliard de dinars, mais encore de la valeur à créer
La filière dispose déjà d’un poids important à l’export. Durant la campagne 2025/2026, les recettes des exportations de dattes ont franchi pour la première fois le seuil du milliard de dinars, pour des volumes proches de 160.000 tonnes.
L’enjeu n’est donc plus seulement d’exporter davantage, mais de mieux valoriser le produit tunisien. Le développement de nouveaux débouchés et des produits dérivés figure ainsi parmi les pistes évoquées par les autorités.
Pâte, sirop ou poudre de dattes peuvent notamment permettre d’élargir l’offre destinée aux marchés étrangers. La filière tunisienne des dérivés de dattes dispose déjà d’une expérience dans ce domaine : leurs exportations ont triplé en cinq ans, selon les Nations unies en Tunisie.
Soutenir les petits agriculteurs
La nouvelle approche ne se limite pas à la promotion commerciale. Samir Abid a également insisté sur le soutien aux petits agriculteurs, présentés comme un maillon essentiel de la filière, ainsi que sur le financement et les moyens nécessaires à la commercialisation de leur production.
La réunion a également porté sur les coûts de stockage, de transport et de main-d’œuvre, les besoins de financement et les conséquences des fluctuations climatiques.
La volonté affichée est donc de traiter la datte comme une filière économique complète, et non comme un simple produit agricole à écouler pendant la saison. Avec un premier cap symbolique franchi à l’export, la prochaine étape consiste désormais à gagner en valeur, en marchés et en régularité commerciale.
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