La Tunisie franchira une nouvelle étape dans la modernisation de son administration avec le lancement, en septembre 2026, de la plateforme nationale des procédures administratives « Dalil ». Pensée comme une référence officielle unique, elle réunira l’ensemble des démarches administratives destinées aux citoyens et aux entreprises, tout en s’inscrivant dans un vaste chantier de simplification engagé par l’État.
Un portail unique pour accéder aux démarches administratives
La Plateforme nationale des procédures administratives (PNPA), baptisée « Dalil », sera officiellement mise en service en septembre 2026. Destinée aussi bien aux citoyens qu’aux entreprises et aux administrations, elle ambitionne de devenir la source de référence pour consulter les procédures administratives et les documents exigés par les différents organismes publics.
Présentée mardi lors d’une journée d’information, cette plateforme affiche un taux d’avancement de 70%, selon la directrice générale des réformes et de la prospective administratives à la Présidence du gouvernement, Olfa Souli Ouertani.
L’objectif est de permettre aux usagers d’accéder, à partir d’un portail unique, à des informations officielles, harmonisées et régulièrement actualisées sur l’ensemble des procédures administratives.
Une réforme au service de la transparence et de la simplification
Au-delà de la centralisation des informations, « Dalil » s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation de l’administration. La plateforme doit contribuer à uniformiser les procédures entre les différentes structures publiques, renforcer la transparence des services administratifs et améliorer leur qualité.
Elle permettra également de relier chaque procédure à l’organisme compétent ainsi qu’à sa localisation géographique, tout en offrant à chaque ministère un espace dédié pour mettre à jour en continu les informations relatives à ses procédures. Cette organisation vise à garantir la fiabilité des données et à faciliter leur suivi et leur évaluation.
Pour Olfa Souli Ouertani, le lancement de « Dalil » dépasse la simple mise en ligne d’une nouvelle plateforme numérique. Il s’agit d’une réforme destinée à faire de l’administration un outil plus efficace au service des citoyens et des entreprises.
Plus de 3000 procédures recensées avant le lancement
Le développement de la plateforme s’inscrit dans le cadre du projet national de révision globale des procédures administratives couvrant la période 2020-2027.
Les travaux réalisés ont permis d’établir un inventaire de 3197 procédures administratives, dont 50% concernent les entreprises, 25% les particuliers et 25% sont communes aux deux catégories d’usagers.
Cet état des lieux a également révélé que 63% des procédures sont fréquemment sollicitées, 16% sont considérées comme complexes et 43% nécessitent l’intervention d’organismes publics pour leur aboutissement.
À l’issue d’une consultation menée auprès des opérateurs et de l’administration, 2255 procédures, soit plus de 71% du total, ont été simplifiées grâce à la réduction des documents demandés, au développement de la numérisation totale ou partielle des démarches et au renforcement de la décentralisation. Par ailleurs, 177 procédures, représentant près de 6%, ont été supprimées, car elles ne reposaient plus sur un fondement juridique ou n’étaient plus en vigueur.
Une étape supplémentaire dans la numérisation des services publics
Présent lors de cette journée d’information, le ministre des Technologies de la Communication, Sofiene Hemissi, a souligné que le développement de « Dalil » s’est concentré en priorité sur les services les plus demandés par les citoyens et les entreprises.
Il a indiqué que cette plateforme est le résultat d’un vaste travail de révision des procédures, de suppression des formalités inutiles et d’intégration de nouvelles solutions numériques, notamment l’échange de données entre administrations et le développement des services à distance.
Selon le ministre, cette initiative constitue une avancée importante dans la numérisation des services publics, tout en rappelant que la transformation numérique de l’administration est appelée à se poursuivre au-delà du lancement officiel de la plateforme.
Lire aussi :