Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT) a franchi une nouvelle étape dans la gestion de la crise opposant les professionnels de santé du secteur privé à la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM). Dans un communiqué publié mardi 30 juin 2026, il annonce la création officielle d’une cellule de crise chargée de suivre l’évolution du dossier et de coordonner les actions à venir, tout en alertant sur les conséquences grandissantes de la situation pour le système de santé.
Selon le CNOPT, les difficultés financières qui s’accumulent menacent désormais la sécurité sanitaire ainsi que l’approvisionnement des citoyens en médicaments.
Une mobilisation de l’ensemble des acteurs de la chaîne du médicament
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions entre la CNAM et plusieurs professions de santé. Le Syndicat tunisien des pharmaciens d’officine a annoncé la suspension, à partir du 1er juillet, de la prise en charge des assurés de la CNAM, tandis que le Syndicat tunisien des biologistes privés a convoqué une assemblée générale extraordinaire pour dénoncer les retards récurrents dans le règlement des créances des laboratoires.
Afin d’évaluer la gravité de la situation, le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, Mustapha Laroussi, a réuni le président du Syndicat tunisien des pharmaciens d’officine, Zoubeir Guiga, accompagné d’une délégation syndicale, le président du Syndicat tunisien des biologistes privés, Khalil Ben Abdallah, ainsi que le président de la Chambre nationale des distributeurs grossistes de médicaments, Hazem El Ghoul.
Les participants ont dressé un constat commun d’étranglement financier touchant l’ensemble des intervenants de la chaîne du médicament et des services biologiques. Ils dénoncent notamment le dépassement systématique des délais légaux de règlement des créances par la Cnam, une situation qui affecte désormais également le secteur de la distribution pharmaceutique de gros.
Un appel urgent aux autorités
Pour le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, cette crise ne se limite plus à un différend financier. Elle fait désormais peser un risque sur la continuité de l’ensemble de la chaîne de soins et pourrait compromettre le droit constitutionnel des patients à l’accès aux soins.
Les organisations professionnelles réunies appellent ainsi les autorités de tutelle et toutes les parties concernées à intervenir sans délai afin de trouver une issue à cette crise et de garantir la continuité du service public de santé, avant qu’une paralysie du secteur ne devienne inévitable.
Le CNOPT précise enfin que la cellule de crise restera mobilisée de manière permanente afin de suivre l’évolution de la situation et de coordonner les mesures jugées nécessaires pour préserver le fonctionnement du système de santé et protéger les intérêts des patients.
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