Malgré l’amélioration récente des réserves des barrages, plusieurs régions tunisiennes continuent de subir des perturbations dans l’approvisionnement en eau potable. La SONEDE explique que ces coupures ne sont plus uniquement liées à la disponibilité de la ressource, mais aussi à des contraintes techniques, notamment les interruptions électriques, les ruptures de canalisations et la vétusté du réseau. En pleine période estivale, la société met en avant l’urgence de poursuivre les programmes de maintenance et de rénovation des infrastructures.
Les coupures électriques, principale cause des perturbations récentes
Intervenant aujourd’hui sur les ondes de Mosaique fm, le directeur régional de la SONEDE pour le Grand Tunis, Mounir Dridi, a expliqué que les coupures d’eau enregistrées actuellement relèvent de trois catégories.
Il a cité d’abord les coupures programmées, liées aux opérations de maintenance et annoncées à l’avance, puis les interruptions imprévues provoquées par des ruptures de canalisations nécessitant des interventions urgentes.
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La troisième catégorie concerne les coupures provoquées par les interruptions d’électricité. Selon le responsable, ces dernières représentent la majorité des perturbations observées récemment, puisque l’arrêt du courant entraîne immédiatement celui des stations de pompage.
Même après le rétablissement de l’électricité, le retour à une distribution normale nécessite un certain délai, le temps que les équipements reprennent leur fonctionnement et que le réseau retrouve sa pression habituelle.
Ces explications font écho à plusieurs perturbations enregistrées ces derniers jours. Le 8 juillet, une panne électrique ayant affecté les installations de pompage a provoqué une interruption de la distribution d’eau dans plusieurs délégations du gouvernorat de Sousse. Le 14 juillet, la SONEDE a également annoncé une coupure touchant plusieurs secteurs de Ben Arous à la suite d’une rupture sur une conduite principale. Ces épisodes illustrent les deux principales causes des perturbations évoquées par le responsable de la SONEDE : les pannes électriques et les défaillances du réseau.
Un réseau sous pression avec 70 ruptures par jour
Au-delà des incidents ponctuels, la SONEDE fait face à une fragilité structurelle de son réseau de distribution. Une partie importante des canalisations est aujourd’hui vieillissante, certaines installations dépassant les 70 ans d’âge.
Cette situation favorise les ruptures et les pertes d’eau. Selon Mounir Dridi, les services de la société enregistrent en moyenne 70 ruptures de canalisations par jour et environ 200.000 fuites d’eau par an.
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Le rendement du réseau est actuellement estimé à 75%, ce qui signifie qu’environ un quart de l’eau distribuée est perdu en raison des fuites et des défaillances techniques.
Une consommation estivale qui accentue les difficultés
La période estivale constitue également un facteur aggravant. Le responsable régional de la SONEDE a indiqué que le réseau subit une forte pression lors des heures de pointe, notamment vers 13h et 19h, moments où la consommation peut augmenter de près de 150% par rapport aux périodes normales.
Cette hausse brutale de la demande peut provoquer des perturbations temporaires dans certaines zones, en particulier lorsque les infrastructures sont déjà fragilisées par des pannes ou des opérations de maintenance.
Face à ces contraintes, la SONEDE affirme poursuivre ses programmes de rénovation et de maintenance du réseau. Ces opérations concernent environ 2000 kilomètres de conduites par an, avec pour objectif de limiter les pertes, réduire les interventions d’urgence et améliorer la continuité de l’approvisionnement.
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