Le gouvernement espagnol a approuvé l’octroi d’un crédit de 25 millions d’euros destiné à financer la réhabilitation de la station d’épuration de Chotrana I, considérée comme la plus importante du pays. Le projet sera réalisé au profit de l’Office national de l’assainissement (ONAS) et devrait bénéficier directement à près de 900 000 habitants du Grand Tunis.
Cette opération vise à « réhabiliter et moderniser » les équipements existants afin d’améliorer les capacités de traitement des eaux usées, renforcer la qualité des rejets et adapter l’infrastructure aux besoins croissants de la capitale. La station de Choutrana constitue un maillon stratégique du système d’assainissement du Grand Tunis, confronté à une pression démographique et environnementale importante, rapporte Europe Presse.
Une nouvelle étape dans la coopération tuniso-espagnole
Le financement espagnol s’inscrit dans une coopération ancienne entre Tunis et Madrid dans plusieurs secteurs liés aux infrastructures, à l’environnement et au développement durable. L’Espagne intervient notamment à travers ses mécanismes de coopération financière et son soutien aux projets favorisant la transition écologique dans les pays partenaires.
Dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, cette coopération rejoint les priorités tunisiennes liées à la gestion durable des ressources hydriques, dans un contexte marqué par la raréfaction de l’eau, les effets du changement climatique et la nécessité de mieux valoriser les eaux traitées.
La réhabilitation de Choutrana intervient également alors que la Tunisie cherche à renforcer son réseau d’assainissement à travers plusieurs projets avec des bailleurs internationaux, notamment la modernisation des stations existantes et l’amélioration du traitement tertiaire permettant la réutilisation des eaux usées traitées.
Le Japon, un partenaire historique dans l’eau et l’assainissement
Au-delà du financement espagnol, la modernisation du secteur de l’eau en Tunisie bénéficie depuis plusieurs années d’un accompagnement japonais. L’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) intervient dans plusieurs projets liés aux ressources hydriques, au dessalement et au traitement des eaux usées.
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Parmi les projets récents figure la construction d’une station d’épuration avancée à Gabès, financée dans le cadre d’une coopération japonaise. Cette infrastructure doit permettre le traitement avancé des eaux usées et leur valorisation pour des usages industriels, contribuant ainsi à préserver les ressources hydriques dans une région confrontée au stress hydrique.
Le Japon a également accompagné la Tunisie dans plusieurs grands projets hydrauliques, notamment la station de dessalement d’eau de mer de Sfax, ainsi que des programmes liés à l’amélioration de l’environnement urbain et des réseaux d’assainissement.
Un enjeu stratégique face au stress hydrique
La réhabilitation de Choutrana dépasse ainsi le simple cadre d’une mise à niveau technique. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à sécuriser la gestion de l’eau en Tunisie, à réduire les impacts environnementaux des rejets urbains et à développer la réutilisation des eaux traitées.
Avec la multiplication des épisodes de sécheresse et la baisse des ressources conventionnelles, les stations d’épuration deviennent des infrastructures stratégiques capables de transformer les eaux usées en ressources exploitables pour l’agriculture, l’industrie ou certains usages urbains.
Le projet de Choutrana illustre également l’importance croissante des partenariats internationaux dans le financement des infrastructures environnementales tunisiennes, avec une implication croissante de l’Europe et de l’Asie dans les secteurs liés à l’eau et à la résilience climatique.