Six artisans bijoutiers exerçant au marché de l’or de Sfax ont été placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête portant sur un réseau soupçonné de blanchiment d’argent, de fraude fiscale et de trafic d’or d’origine inconnue. Selon la Direction générale de la sûreté nationale, les investigations portent notamment sur près de deux tonnes d’or qui auraient été blanchies au cours des six dernières années.
Des quotas d’or cédés contre des commissions
Les six suspects ont été placés en garde à vue par la sous-direction des enquêtes économiques et financières, relevant de la direction de la police judiciaire d’El Gorjani, à Tunis, selon un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale relayé jeudi 22 octobre par l’agence Tunis Afrique Presse.
Ils sont notamment soupçonnés d’avoir constitué une bande organisée afin de blanchir des fonds provenant de la fraude fiscale, en exploitant les particularités de leur activité professionnelle. Les enquêteurs leur reprochent également des faits présumés de falsification et d’utilisation de documents falsifiés, ainsi que des infractions à la réglementation encadrant le secteur.
Selon la même source, certains auraient accepté des commissions financières en contrepartie de la cession de leurs quotas d’or, attribués par la Banque centrale de Tunisie, à d’autres personnes impliquées dans l’affaire.
L’enquête s’appuie sur un travail de renseignement opérationnel et une surveillance des circuits de commercialisation de l’or destiné à la fonte. Le réseau présumé comprendrait des commerçants et des propriétaires d’usines opérant dans le secteur de la bijouterie.
Des sociétés fictives pour contourner l’impôt
Dans une déclaration accordée mardi à la TAP, une source sécuritaire avait indiqué que les membres présumés du réseau auraient créé des sociétés-écrans et des entreprises fictives. Ils auraient également utilisé les registres d’approvisionnement et d’achat de plusieurs artisans bijoutiers afin d’échapper à l’impôt.
Ces procédés auraient permis de blanchir de l’or destiné à la fonte, dont l’origine n’était pas établie, avant de l’introduire dans les circuits commerciaux légaux. Les revenus issus de ces opérations auraient ensuite été investis dans des projets, dans l’immobilier et dans l’acquisition de biens de luxe.
D’après les investigations, le volume d’or concerné atteindrait près de deux tonnes sur une période de six ans.
Plus de 70 kilos d’or saisis
Les opérations menées dans le cadre de cette enquête ont également abouti à la saisie de plus de 70 kilogrammes d’or, de 4,5 kilogrammes d’argent, de 120.000 dinars et de neuf voitures de luxe.
Le bilan communiqué par les autorités fait état de 13 personnes placées en garde à vue au total. Les suspects sont notamment soupçonnés d’association de malfaiteurs, de falsification de documents et de blanchiment d’argent commis de manière habituelle.
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