Les yeux plongés dans une mosaïque antique, je retrouve l’écho millénaire des poissons qui vivent en Méditerranée et sont toujours sur les étals de nos marchés.
Je cherche les noms de chaque poisson et réalise combien ces noms peuvent différer selon les régions. Je me lance alors dans une manière d’inventaire où cohabitent la langue tunisienne, le français et l’italien. Dès lors, je me retrouve face à une formidable profusion de noms aussi difficiles à saisir qu’un poisson dans l’eau.
Prenons une daurade. Elle est généralement désignée sous le nom « ourata » qui des origines italiennes. Mais nous la nommons également « ouarqa » et quand elle a des traits noirs, elle devient une « kahlaia ». Mieux, quand elle pèse un peu plus lourd, à partir de 300 grammes, nous lui donnons le nom de « jarraf ». Un véritable puzzle !
Prenons maintenant un mulet. Nous le nommons communément « bouri » mais aussi « milla ». Toutefois, ce poisson va porter des noms différents selon les régions. À Sfax, ce sera « menjel », à Kélibia « safraya », à Bizerte, ce sera plutôt « mlaâbna » alors que pour Djerba, on dira « maâzoul ».
On peut ainsi multiplier les exemples au point où il serait judicieux d’établir un lexique qui permettrait de mieux s’y retrouver parmi les variétés de poissons et leurs dénominations régionales.
Que d’autres poissons pour initier cet inventaire ! Que de noms à retrouver, noter, croiser avec d’autres pour y voir plus clair ! Pour le moment, c’est encore la bouteille à l’encre et plus justement les yeux plongés dans la mosaïque la plus frétillante du musée du Bardo.
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